J'habite
maintenant depuis de longues années un petit
village charmant du Nord. Certes, ce n'est pas ma campagne natale. Ici
ce sont
surtout les rurbains qui y résident, vous savez cette
nouvelle génération qui cherche
à rejoindre un peu de verdure tout en voulant
garder le confort et les
services des grandes villes qu'ils ont abandonnées sans
état d'âme.
C'est un joli village ou
s'entrecroisent petites maisons en briques roses
et petites fermes flamandes restaurées. Souvent,
derrière de lourdes portes massives mais
au style quelconque se dessinent de magnifiques petits
jardins joliment
ordonnés. Et puis tout autour plein d'animaux, des
chevaux, des
moutons, des lapins et parfois une ferme avec des poules, des
oies, des
canards.....
Le ciel des Flandres est beau. Les peintres le savent. Mais lorsque je
dis cela
à des amis alors qu’ils me visitent un jour de
pluie, ils me raillent. Dès que
le soleil a décidé de nous sourire, ils sont les
premiers à louer le ciel et la
magnifique luminosité qu'il dépose sur nos
paysages. Allez vous promener sur
les plages du cap gris Nez lorsque le ciel vous est favorable. Vous
comprendrez.
J'ai parfois sous les yeux de véritables oeuvres d'art.
L'autre jour alors que
je pestais parce que ma fille avait encore raté le bus qui
devait l'emmener
dans son lycée m'obligeant ainsi à
m'engouffrer dans ma voiture en pyjama
et chaussons sans avoir le temps de déjeuner, j'eus une des
plus belles toiles
qui puisse exister devant mes yeux, une toile toute en nuance
de bleus et de rose au centre de laquelle
s'élançait le merveilleux clocher blanc de
l'église du village voisin tout cela merveilleusement
enveloppé par une légère
brume posée là, juste pour apporter la finition
de l'oeuvre en effaçant les
défauts qui auraient pu nuire à ce spectacle. On
n'a pas toujours son
appareil photo sur soi et puis est-il possible de figer sur une
pellicule une
atmosphère.
Tiens je vais vous raconter un autre de ces merveilleux moments fugaces
que
nous offre la nature. C'était un jour d'orage, j'ai vu le
ciel s'obscurcir puis,
alors que juste au dessus de la maison de mon voisin s'amoncelaient de
larges
nuages sombres et menaçants, un peu plus loin de longues
vagues roses et gris-rose
s'entremêlaient dans une sorte de danse. Comme fond sonore, c'était le grondement terrifiant de
l'orage. Des fenêtres de mon
voisin
jaillissaient des éclairs de toutes les couleurs. Pour
comprendre ce que je
ressentais, imaginez vous dans ces films pour enfants ou la musique
devient
ténébreuse, les couleurs sombres, le tonnerre
menaçant et où le sorcier lance
ses incantations maléfiques. Mais non, mon voisin, n'est pas
un sorcier il
regardait certainement sa télé. Mais moi j'ai
compris comment les réalisateurs
de cinéma trouvent leur inspiration.
Oui je vous le dis, ils sont tous charmants dans mon voisinage. La
preuve,
voyez donc ce qu'a distribué un autre voisin au détour
d'un pot de l'amitié :

des
truites qu'il avait pêchées le matin
même
et voici ce que j'en ai fait
:
Truites
à l'oseille
3 truites
250 gr d'oseille
2 échalotes moyennes
15 cl de crème fraîche
2/3 de verre de vin blanc (8 cl environ)
30 gr de beurre
Persil, sel, poivre
Tout d'abord, il faut inciser les truites pour les vider en les passant
sous un jet d'eau. Personnellement, j'enlève aussi
la tête.
Il faut laver et trier l'oseille. Je dois avouer que depuis quelques
temps, le pied d'oseille de mon jardin fait de la
résistance aussi je n'avais pas la quantité
indiquée mais le plat fut quand même bon. Il faut
débarrasser les feuilles d'oseille de leurs tiges puis faire
cuire à feu doux ces feuilles dans un peu de beurre en
remuant souvent jusqu'à ce qu'elles soient totalement
fondues. (Comme je n'avais pas assez d'oseille, j'ai coupé
en fins morceaux les feuilles). Hors du feu on ajoute les 2/3 de la
crème fraîche, le sel et le poivre et on
réserve.
On hache les échalotes. Au fond d'un plat à
gratin on dépose le reste de crème fraîche
puis un lit d'échalote puis les truites que l'on farcit avec
la crème à l'oseille. On verse le reste de cette
crème autour des truites. On sale, on poivre, on verse sur
le tout le vin blanc et on emballe le plat avec une feuille de papier alu
ou 2e solution, on recouvre de papier sulfurisé. On laisse
cuire 25 mn à Th. 180°.
Servir avec de petites pommes de terre vapeur recouvertes d'un bon petit
beurre persillé.