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Eglantine

Le Placard d'elle

Elle, c'est Eglantine. Ses racines sont en Argonne dans un petit village perdu à la lisière de la grande forêt. Eglantine vous parle de sa cuisine, de ses souvenirs, de là-bas mais aussi d'ailleurs...

Objets inanimés, avez vous donc une âme.... gaufrier and co...

Lundi 24 Novembre 2008, 11:21 GMT+2par Eglantine
Objets inanimés, avez vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?

Gaufrier en fonte

C'est une phrase qui m'a souvent trotté dans la tête et à chaque fois que je prends mon gaufrier, immanquablement, elle ressurgit ! Lamartine a écrit un très beau poème sur l'attachement à la terre natale : moi en ce qui me concerne, un des symboles de cette terre, c'est le gaufrier. Hier, il a neigé, les grêlons sont tombés, le froid est venu et irrésistiblement, je suis retournée bien des années en arrière à l'époque ou, de retour de l'école, les mains et les pieds engourdis par le froid, une douce odeur m'attendait à la maison.

C'était le gaufrier et ce gaufrier chantait : lorsque ma mère mettait la pâte à l'intérieur, qu'elle l'avait refermé, d'un habile coup elle  appuyait avec le manche de la fourchette sur l'appareil juste un peu au dessus de l'endroit ou le manche rejoint la masse en fonte. Du gaufrier sortait un long et doux siflement indéfinissable qui  aujourd'hui encore résonne à mon oreille. Je n'ai jamais réussi à imiter ce sifflement, certainement parce que je n'utilise pas la même recette, celle de mon enfance. Je me suis attaché à ce gaufrier comme à un vieil ami. Ce gaufrier avait appartenu à ma grand-mère qui l'avait donné à ma mère lorsque ces pauvres mains n'arrivaient plus à le manipuler correctement. Elle avait alors acquis  un gaufrier moderne que ma mère récupéra lorsque sa propre mère décida de rejoindre les siens.... les gaufriers en fonte sont lourds pour les vieilles personnes, aussi à son tour ma mère me le proposa. J'acceptai sans aucune hésitation.

J'ai un réel attachement pour lui et je vais vous raconter une anecdote  :  le jour ou j'ai renouvelé ma plaque de cuisson, j'ai opté pour l'induction mais à côté, j'ai exigé deux brûleurs à gaz... pour moi il était impensable de ne plus me servir de mon précieux objet.

Une fois,  j'ai bien essayé de divorcer. Il n'a pas que des qualités ce vieil ami :

Il est capricieux et ne veut que moi pour maître, impossible de déléguer la tâche,
Il se tient mal dans la cuisine : après avoir gobé la matière, il bave,
C'est un lourdeau difficile à remuer,
Il est dirigiste, ce n'est pas vous qui le maîtrisez mais lui qui vous indique l'art et la manière : vous ne lui donnez pas assez de feu : votre gaufre attache, vous ne le faites pas assez danser : votre gaufre brûle,
Il est prétentieux : inutile d'espérer faire cuire quoi que ce soit à côté de lui, il occupe toute la place,
Il n'aime pas la solitude, il vous fait chèrement payer un abandon : il faut alors lui donner des soins minutieux avant qu'il ne consente à reprendre du service.

Mais voyez vous, il n'est pas rancunier : dès que vous avez satisfait ses premiers caprices, il ouvre grand la bouche et vous offre sa première et croustillante obole. Tel un animal domestiqué, tout doucement il se met à ronronner puis emplit votre maison d'une douce senteur... Oui, ce gaufrier est vraiment mon ami.

Si vous souhaitez lire le poème de Lamartine, je vous l'ai recopié à la fin de l'article, après la recette :  il est long mais extrêmement beau, il m'a scotché et donne à réfléchir dans nos temps troublés et superficiels... je vais vous faire un aveu, je ne l'avais jamais lu avant aujourd'hui et n'en connaissais même pas la teneur mais j'avais retenu cette phrase qui trotte, qui trotte... Objet inanimés, avez vous une âme qui s'attache à notre âme....


Gaufres


15 gr de levure de boulangerie
40 cl de lait
1 pincée de sel
1 cuillère à soupe bombée de sucre
250 gr de farine
125 gr de beurre
4 oeufs
(la recette d'origine indique qu'on peut ajouter 2 cuillères de Cognac, je ne les mets jamais)

Séparer les blancs des jaunes d'oeufs.

Faire tiédir le lait, en prélever deux cuillère à soupe et diluer dedans la levure. Faire fondre le beurre dans le reste du lait (éventuellement, réchauffer un peu). Au fond d'une jatte, mettre la farine. Creuser un puit et mettre à l'intérieur, sel, sucre, sucre vanillé et jaunes d'oeufs. Dans un coin, verser le mélange levure farine et remuer séparément pour incorporer un peu de farine à ce mélange. Ajouter au tout un peu de lait . Bien remuer pour obtenir une pâte lisse, puis recommencer jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de lait. Battre les blancs d'œufs en neige molle. Incorporer délicatement au tout. Laisser reposer au minimum une heure.

Ce que j'aimais par dessus tout, c'était la première gaufre. Ma mère glissait au creux du gaufrier chaud un joli morceau de beurre puis mettait la jatte sur le sol. A l'aide de ses deux mains, elle versait le beurre dans la pâte, ça crépitait, ça fumait, ça sentait merveilleusement bon. La cuisson pouvait commencer. Aujourd'hui encore, je pratique ce rituel.

************

Milly ou la terre natale

Pourquoi le prononcer ce nom de la patrie?
Dans son brillant exil mon coeur en a frémi;
Il résonne de loin dans mon âme attendrie,
Comme les pas connus ou la voix d'un ami.

Montagnes que voilait le brouillard de l'automne,
Vallons que tapissait le givre du matin,
Saules dont l'émondeur effeuillait la couronne,
Vieilles tours que le soir dorait dans le lointain,

Murs noircis par les ans, coteaux, sentier rapide,
Fontaine où les pasteurs accroupis tour à tour
Attendaient goutte à goutte une eau rare et limpide,
Et, leur urne à la main, s'entretenaient du jour,

Chaumière où du foyer étincelait la flamme,
Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer?

J'ai vu des cieux d'azur, où la nuit est sans voiles,
Dorés jusqu'au matin sous les pieds des étoiles,
Arrondir sur mon front dans leur arc infini
Leur dôme de cristal qu'aucun vent n'a terni!
J'ai vu des monts voilés de citrons et d'olives
Réfléchir dans les eaux leurs ombres fugitives,
Et dans leurs frais vallons, au souffle du zéphyr,
Bercer sur l'épi mûr le cep prêt à mûrir;
Sur des bords où les mers ont à peine un murmure,
J'ai vu des flots brillants l'onduleuse ceinture
Presser et relâcher dans l'azur de ses plis
De leurs caps dentelés les contours assouplis,
S'étendre dans le golfe en nappe de lumière,
Blanchir l'écueil fumant de gerbes de poussière,
Porter dans le lointain d'un occident vermeil
Des îles qui semblaient le lit d'or du soleil,
Ou, s'ouvrant devant moi sans rideau, sans limite,
Me montrer l'infini que le mystère habite!
J'ai vu ces fiers sommets, pyramides des airs,
Où l'été repliait le manteau des hivers,
Jusqu'au sein des vallons descendant par étages,
Entrecouper leurs flancs de hameaux et d'ombrages,
De pics et de rochers ici se hérisser,
En pentes de gazon plus loin fuir et glisser,
Lancer en arcs fumants, avec un bruit de foudre,
Leurs torrents en écume et leurs fleuves en poudre,
Sur leurs flancs éclairés, obscurcis tour à tour,
Former des vagues d'ombre et des îles de jour,
Creuser de frais vallons que la pensée adore,
Remonter, redescendre, et remonter encore,
Puis des derniers degrés de leurs vastes remparts,
A travers les sapins et les chênes épars
Dans le miroir des lacs qui dorment sous leur ombre
Jeter leurs reflets verts ou leur image sombre,
Et sur le tiède azur de ces limpides eaux
Faire onduler leur neige et flotter leurs coteaux!
J'ai visité ces bords et ce divin asile
Qu'a choisis pour dormir l'ombre du doux Virgile,
Ces champs que la Sibylle à ses yeux déroula,

Et Cume et l'Elysée; et mon coeur n'est pas là!...
Mais il est sur la terre une montagne aride
Qui ne porte en ses flancs ni bois ni flot limpide,
Dont par l'effort des ans l'humble sommet miné,
Et sous son propre poids jour par jour incliné,
Dépouillé de son sol fuyant dans les ravines,
Garde à peine un buis sec qui montre ses racines,
Et se couvre partout de rocs prêts à crouler
Que sous son pied léger le chevreau fait rouler.
Ces débris par leur chute ont formé d'âge en âge
Un coteau qui décroît et, d'étage en étage,
Porte, à l'abri des murs dont ils sont étayés,
Quelques avares champs de nos sueurs payés,
Quelques ceps dont les bras, cherchant en vain l'érable,
Serpentent sur la terre ou rampent sur le sable,
Quelques buissons de ronce, où l'enfant des hameaux
Cueille un fruit oublié qu'il dispute aux oiseaux,
Où la maigre brebis des chaumières voisines
Broute en laissant sa laine en tribut aux épines;
Lieux que ni le doux bruit des eaux pendant l'été,
Ni le frémissement du feuillage agité,
Ni l'hymne aérien du rossignol qui veille,
Ne rappellent au coeur, n'enchantent pour l'oreille;
Mais que, sous les rayons d'un ciel toujours d'airain,
La cigale assourdit de son cri souterrain.
Il est dans ces déserts un toit rustique et sombre
Que la montagne seule abrite de son ombre,
Et dont les murs, battus par la pluie et les vents,
Portent leur âge écrit sous la mousse des ans.
Sur le seuil désuni de trois marches de pierre
Le hasard a planté les racines d'un lierre
Qui, redoublant cent fois ses noeuds entrelacés,
Cache l'affront du temps sous ses bras élancés,
Et, recourbant en arc sa volute rustique,
Fait le seul ornement du champêtre portique.
Un jardin qui descend au revers d'un coteau
Y présente au couchant son sable altéré d'eau;
La pierre sans ciment, que l'hiver a noircie,
En borne tristement l'enceinte rétrécie;
La terre, que la bêche ouvre à chaque saison,
Y montre à nu son sein sans ombre et sans gazon;
Ni tapis émaillés, ni cintres de verdure,
Ni ruisseau sous des bois, ni fraîcheur, ni murmure;
Seulement sept tilleuls par le soc oubliés,
Protégeant un peu d'herbe étendue à leurs pieds,
Y versent dans l'automne une ombre tiède et rare,
D'autant plus douce au front sous un ciel plus avare;
Arbres dont le sommeil et des songes si beaux
Dans mon heureuse enfance habitaient les rameaux!
Dans le champêtre enclos qui soupire après l'onde,
Un puits dans le rocher cache son eau profonde,
Où le vieillard qui puise, après de longs efforts,
Dépose en gémissant son urne sur les bords;
Une aire où le fléau sur l'argile étendue
Bat à coups cadencés la gerbe répandue,
Où la blanche colombe et l'humble passereau
Se disputent l'épi qu'oublia le râteau :
Et sur la terre épars des instruments rustiques,
Des jougs rompus, des chars dormant sous les portiques,
Des essieux dont l'ornière a brisé les rayons,
Et des socs émoussés qu'ont usés les sillons.

Rien n'y console l'oeil de sa prison stérile,
Ni les dômes dorés d'une superbe ville,
Ni le chemin poudreux, ni le fleuve lointain,
Ni les toits blanchissants aux clartés du matin;
Seulement, répandus de distance en distance,
De sauvages abris qu'habite l'indigence,
Le long d'étroits sentiers en désordre semés,
Montrent leur toit de chaume et leurs murs enfumés,
Où le vieillard, assis au seuil de sa demeure,
Dans son berceau de jonc endort l'enfant qui pleure;
Enfin un sol sans ombre et des cieux sans couleur,
Et des vallons sans onde! - Et c'est là qu'est mon coeur!
Ce sont là les séjours, les sites, les rivages
Dont mon âme attendrie évoque les images,
Et dont pendant les nuits mes songes les plus beaux
Pour enchanter mes yeux composent leurs tableaux!

Là chaque heure du jour, chaque aspect des montagnes,
Chaque son qui le soir s'élève des campagnes,
Chaque mois qui revient, comme un pas des saisons,
Reverdir ou faner les bois ou les gazons,
La lune qui décroît ou s'arrondit dans l'ombre,
L'étoile qui gravit sur la colline sombre,
Les troupeaux des hauts lieux chassés par les frimas,
Des coteaux aux vallons desoendant pas à pas,
Le vent, l'épine en fleurs, l'herbe verte ou flétrie,
Le soc dans le sillon, l'onde dans la prairie,
Tout m'y parle une langue aux intimes accents
Dont les mots, entendus dans l'âme et dans les sens,
Sont des bruits, des parfums, des foudres, des orages,
Des rochers, des torrents, et ces douces images,
Et ces vieux souvenirs dormant au fond de nous,
Qu'un site nous conserve et qu'il nous rend plus doux.
Là mon coeur en tout lieu se retrouve lui-même!
Tout s'y souvient de moi, tout m'y connaît, tout m'aime!
Mon oeil trouve un ami dans tout cet horizon,
Chaque arbre a son histoire et chaque pierre son nom.
Qu'importe que ce nom, comme Thèbe ou Palmire,
Ne nous rappelle pas les fastes d'un empire,
Le sang humain versé pour le choix des tyrans,
Ou ces fléaux de Dieu que l'homme appelle grands?
Ce site où la pensée a rattaché sa trame,
Ces lieux encor tout pleins des fastes de notre âme,
Sont aussi grands pour nous que ces champs du destin
Où naquit, où tomba quelque empire incertain :
Rien n'est vil! rien n'est grand! l'âme en est la mesure!
Un coeur palpite au nom de quelque humble masure,
Et sous les monuments des héros et des dieux
Le pasteur passe et siffle en détournant les yeux!

Voilà le banc rustique où s'asseyait mon père,
La salle où résonnait sa voix mâle et sévère,
Quand les pasteurs assis sur leurs socs renversés
Lui comptaient les sillons par chaque heure tracés,
Ou qu'encor palpitant des scènes de sa gloire,
De l'échafaud des rois il nous disait l'histoire,
Et, plein du grand combat qu'il avait combattu,
En racontant sa vie enseignait la vertu!
Voilà la place vide où ma mère à toute heure
Au plus léger soupir sortait de sa demeure,
Et, nous faisant porter ou la laine ou le pain,
Vêtissait l'indigence ou nourrissait la faim;
Voilà les toits de chaume où sa main attentive
Versait sur la blessure ou le miel ou l'olive,
Ouvrait près du chevet des vieillards expirants
Ce livre où l'espérance est permise aux mourants,
Recueillait leurs soupirs sur leur bouche oppressée,
Faisait tourner vers Dieu leur dernière pensée,
Et tenant par la main les plus jeunes de nous,
À la veuve, à l'enfant, qui tombaient à genoux,
Disait, en essuyant les pleurs de leurs paupières :
Je vous donne un peu d'or, rendez-leur vos prières!
Voilà le seuil, à l'ombre, où son pied nous berçait,
La branche du figuier que sa main abaissait,
Voici l'étroit sentier où, quand l'airain sonore
Dans le temple lointain vibrait avec l'aurore,
Nous montions sur sa trace à l'autel du Seigneur
Offrir deux purs encens, innocence et bonheur!
C'est ici que sa voix pieuse et solennelle
Nous expliquait un Dieu que nous sentions en elle,
Et nous montrant l'épi dans son germe enfermé,
La grappe distillant son breuvage embaumé,
La génisse en lait pur changeant le suc des plantes,
Le rocher qui s'entrouvre aux sources ruisselantes,
La laine des brebis dérobée aux rameaux
Servant à tapisser les doux nids des oiseaux,
Et le soleil exact à ses douze demeures,
Partageant aux climats les saisons et les heures,
Et ces astres des nuits que Dieu seul peut compter,
Mondes où la pensée ose à peine monter,
Nous enseignait la foi par la reconnaissance,
Et faisait admirer à notre simple enfance
Comment l'astre et l'insecte invisible à nos yeux
Avaient, ainsi que nous, leur père dans les cieux!
Ces bruyères, ces champs, ces vignes, ces prairies,
Ont tous leurs souvenirs et leurs ombres chéries.
Là, mes soeurs folâtraient, et le vent dans leurs jeux
Les suivait en jouant avec leurs blonds cheveux!
Là, guidant les bergers aux sommets des collines,
J'allumais des bûchers de bois mort et d'épines,
Et mes yeux, suspendus aux flammes du foyer,
Passaient heure après heure à les voir ondoyer.
Là, contre la fureur de l'aquilon rapide
Le saule caverneux nous prêtait son tronc vide,
Et j'écoutais siffler dans son feuillage mort
Des brises dont mon âme a retenu l'accord.
Voilà le peuplier qui, penché sur l'abîme,
Dans la saison des nids nous berçait sur sa cime,
Le ruisseau dans les prés dont les dormantes eaux
Submergeaient lentement nos barques de roseaux,
Le chêne, le rocher, le moulin monotone,
Et le mur au soleil, où dans les jours d'automne,
Je venais sur la pierre, assis près des vieillards,
Suivre le jour qui meurt de mes derniers regards!
Tout est encor debout; tout renaît à sa place :
De nos pas sur le sable on suit encore la trace;
Rien ne manque à ces lieux qu'un coeur pour en jouir,
Mais, hélas! l'heure baisse et va s'évanouir.

La vie a dispersé, comme l'épi sur l'aire,
Loin du champ paternel les enfants et la mère,
Et ce foyer chéri ressemble aux nids déserts
D'où l'hirondelle a fui pendant de longs hivers!
Déjà l'herbe qui croît sur les dalles antiques
Efface autour des murs les sentiers domestiques,
Et le lierre, flottant comme un manteau de deuil,
Couvre à demi la porte et rampe sur le seuil;
Bientôt peut-être...! écarte, ô mon Dieu! ce présage!
Bientôt un étranger, inconnu du village,
Viendra, l'or à la main, s'emparer de ces lieux
Qu'habite encor pour nous l'ombre de nos aïeux,
Et d'où nos souvenirs des berceaux et des tombes
S'enfuiront à sa voix, comme un nid de colombes
Dont la hache a fauché l'arbre dans les forêts,
Et qui ne savent plus où se poser après!

Ne permets pas, Seigneur, ce deuil et cet outrage!
Ne souffre pas, mon Dieu, que notre humble héritage
Passe de mains en mains troqué contre un vil prix,
Comme le toit du vice ou le champ des proscrits!
Qu'un avide étranger vienne d'un pied superbe
Fouler l'humble sillon de nos berceaux sur l'herbe,
Dépouiller l'orphelin, grossir, compter son or
Aux lieux où l'indigence avait seule un trésor,
Et blasphémer ton nom sous ces mêmes portiques
Où ma mère à nos voix enseignait tes cantiques!
Ah! que plutôt cent fois, aux vents abandonné,
Le toit pende en lambeaux sur le mur incliné;
Que les fleurs du tombeau, les mauves, les épines,
Sur les parvis brisés germent dans les ruines!
Que le lézard dormant s'y réchauffe au soleil,
Que Philomèle y chante aux heures du sommeil,
Que l'humble passereau, les colombes fidèles,
Y rassemblent en paix leurs petits sous leurs ailes,
Et que l'oiseau du ciel vienne bâtir son nid
Aux lieux où l'innocence eut autrefois son lit!

Ah! si le nombre écrit sous l'oeil des destinées
Jusqu'aux cheveux blanchis prolonge mes années,
Puissé-je, heureux vieillard, y voir baisser mes jours
Parmi ces monuments de mes simples amours!
Et quand ces toits bénis et ces tristes décombres
Ne seront plus pour moi peuplés que par des ombres,
Y retrouver au moins dans les noms, dans les lieux,
Tant d'êtres adorés disparus de mes yeux!
Et vous, qui survivrez à ma cendre glacée,
Si vous voulez charmer ma dernière pensée,
Un jour, élevez-moi...! non! ne m'élevez rien!
Mais près des lieux où dort l'humble espoir du chrétien,
Creusez-moi dans ces champs la couche que j'envie
Et ce dernier sillon où germe une autre vie!
Etendez sur ma tête un lit d'herbes des champs
Que l'agneau du hameau broute encore au printemps,
Où l'oiseau, dont mes soeurs ont peuplé ces asiles,
Vienne aimer et chanter durant mes nuits tranquilles;
Là, pour marquer la place où vous m'allez coucher,
Roulez de la montagne un fragment de rocher;
Que nul ciseau surtout ne le taille et n'efface
La mousse des vieux jours qui brunit sa surface,
Et d'hiver en hiver incrustée à ses flancs,
Donne en lettre vivante une date à ses ans!
Point de siècle ou de nom sur cette agreste page!
Devant l'éternité tout siècle est du même âge,
Et celui dont la voix réveille le trépas
Au défaut d'un vain nom ne nous oubliera pas!
Là, sous des cieux connus, sous les collines sombres,
Qui couvrirent jadis mon berceau de leurs ombres,
Plus près du sol natal, de l'air et du soleil,
D'un sommeil plus léger j'attendrai le réveil!
Là, ma cendre, mêlée à la terre qui m'aime,
Retrouvera la vie avant mon esprit même,
Verdira dans les prés, fleurira dans les fleurs,
Boira des nuits d'été les parfums et les pleurs;
Et quand du jour sans soir la première étincelle
Viendra m'y réveiller pour l'aurore éternelle,
En ouvrant mes regards je reverrai des lieux
Adorés de mon coeur et connus de mes yeux,
Les pierres du hameau, le clocher, la montagne,
Le lit sec du torrent et l'aride campagne;
Et, rassemblant de l'oeil tous les êtres chéris
Dont l'ombre près de moi dormait sous ces débris,
Avec des soeurs, un père et l'âme d'une mère,
Ne laissant plus de cendre en dépôt à la terre,
Comme le passager qui des vagues descend
Jette encore au navire un oeil reconnaissant,
Nos voix diront ensemble à ces lieux pleins de charmes
L'adieu, le seul adieu qui n'aura point de larmes!

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Boulettes du Placard

Lundi 28 Avril 2008, 11:06 GMT+2par Eglantine
Voici une recette qui a toujours eu un franc succès chez moi lorsque j'étais enfant. D'ailleurs, ma mère qui connaît mon peu de sympathie pour la viande ne manque jamais de m'en faire quand je vais la visiter. Elle sait que je ne résiste jamais à ces petites boulettes. En fait on utilise un reste de viande de pot au feu pour les confectionner.


boulettes_pommes_de_terre

Bien que frites, ces boulettes  ne sont pas vraiment grasses parce que la préparation n'inclut aucune graisse. Par contre il est judicieux de les manger avec une petite salade car autrement l'intérieur est un peu sec.

La recette :

800 gr de pommes de terre à chaire ferme
(oui, oui, j'ai bien dit à chair ferme Micky)
200 à 300 gr de reste de boeuf bouilli déchiqueté finement
(A défaut faire bouillir du boeuf avec un peu de légumes)
2 à 3 oeufs suivant taille
2 gousse d'ail
1 petit bouquet de persil
Sel, poivre
Farine

 

On fait d'abord cuire les pommes de terre dans leur peau. Pendant ce temps là, on déchiquette la viande en tout petits morceaux. Elle doit rester un peu fibreuse. Le Mixer est à éviter.

Lorsque les pommes de terre sont cuites et encore chaudes, on les épluche puis très vite on les passe au moulin à purée. Si on attend, la purée devient collante et gluante (par contre on utilise la pomme de terre à chair ferme pour éviter qu'elle ne s'imbibe de graisse à la cuisson).

enrobage_farine

Ajouter alors, la viande déchiquetée, les oeufs, les gousses d'ail hachées, le sel, le poivre. Faire ensuite de jolies boulettes de la taille d'une pomme de terre moyenne qu'on enrobe de farine. Faire cuire dans une huile chaude.

friture

A servir avec une salade. Vous verrez, les enfants adorent !

 

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La bûche de Noël...

Samedi 15 Decembre 2007, 10:06 GMT+2par Eglantine
Cette bûche, je la dédie plus particulièrement à Inoule pour son jeu "Partagez vos recettes de famille". Cette recette a été publiée dans les premiers temps de mon blog et elle symbolise à elle seule le Noël dans ma famille puisqu'il n'y a jamais eu un Noël sans elle. En plus, chez nous elle est transgénérationnelle puisque le biscuit de base est la recette de ma grand-mère, la recette complète appartient à ma mère et la déco aux enfants et petits enfants. Meilleure que bonne, elle est le symbole du partage !

Le biscuit - à préparer la veilleBûche de Noël

 Je tiens cette recette de mon grand-père paternel. C'est lui qui recopiait les recettes de ma grand-mère pour ma mère. Il utilisait pour celà un cahier et une encre coupée d'eau ce qui fait qu'aujourd'hui beaucoup de ces recettes sont pratiquement illisibles. Que voulez vous, c'était une autre époque et après les guerres dévastatrices, il faut un temps pour que tout redevienne normal !


5 oeufs
5 cuilleréees à soupe bombées de sucre
5 cuilleréees à soupe bombées de fécule

 

Le gateau doit être préparé la veille sinon trop souple, il sera impossible à garnir et à décorer.

Séparer les blancs des jaunes d'oeufs. Mélanger cuillère par cuillère sucre et fécule avec les jaunes d'oeufs. Ajouter délicatement en soulevant la pate avec la cuillère les blancs d'oeufs montés en neige.

Beurrez un moule. Habituellement on dit farinez un moule mais moi je vous dis de remplacer la farine par du sucre poudre. Ca n'attachera pas du tout  et ce sera nettement meilleur.

Mettre à four doux 4-5 (150°) pendant une heure. Si vous en avez la possibilité règlez la plaque du dessous un peu plus fort que la plaque du dessus. On vérifie que le gateau est cuit en trempant un couteau dedans, il doit ressortir sec. Ne le plantez pas trop tôt, le gateau redescendrait.

Vous avez remarqué que c'est un gateau sans graisse. La graisse on la réserve pour la garniture du gateau.

Pour un biscuit roulé, mettre moitié farine, moitié fécule. Etalez sur une plaque recouverte d'un papier sulfurisé. La cuisson est très rapide. A la sortie du four, retournez le sur un torchon humide. Puis fourrez le.

Fourrage du gateau
50 gr de chocolat
1 jaune d'oeuf
1 cuillère à soupe de sucre
1 blanc d'oeuf battu en neige
1 cuillère à soupe d'eau
10 à 20 gr de beurre
Fondre le chocolat au micro-onde avec la cuillère d'eau et le beurre. Ajoutez le sucre puis hors du feu le jaune d'oeuf. Montez le blanc et incorporer. Donner un petit coup de chaleur. Garnissez votre gateau en le coupant en deux ou en trois et en introduisant cette préparation à l'intérieur

Vous pouvez aussi fourrer votre gateau avec de la crème au beurre ou une préparation fruitée.


Crème au beurre

250 gr de beurre
250 gr de sucre glace
2 jaunes d'oeufs
Pour le parfum cacao en poudre
ou café soluble dilué dans une cuillère d'eau chaude.
ou sucre vanillé.

Laisser le beurre à température ambiante une heure ou deux. Ajouter le sucre glace et mélanger. Mixer avec un batteur électrique et ajouter  l'un derrière l'autre les jaunes d'oeuf. Plus vous mixez longtemps, plus le gout du beurre s'éloignera pour laisser place à un gout de crème. Parfumez ensuite avec le parfum de votre choix. Puis décorez.
 
partagez vos recettes de famille

Dans notre famille, ma mère faisait le gateau et la crème et nous enfants nous nous battions pour la décorer. On essayait au maximum de faire ressembler notre gateau à une bûche en utilisant tous les stratagèmes (découpes fantaisistes pour faire les noeuds, biseautage des extrémités). On réservait la crème à la vanille pour les extrémités, la crème colorée pour le tour et en dernier on faisait l'écorce avec une fourchette et les cercles des âges soit avec du chocolat soit avec un couteau. Enfin on plaquait dessus des décorations qu'on avait récolté ça et là au cours des ans. La photo est d'époque !

NB : grâce aux outils informatiques, j'ai pu travailler ce cahier et rendre les recettes lisibles

http://leplacard-d-elle.mabulle.com/index.php/2005/12/19/27352-la-buche-de-noel
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L'authentique recette de la galette lorraine

Lundi 21 Mai 2007, 11:57 GMT+2par Eglantine
vraie quiche lorraine, authentique quiche lorraine 
Pour Elvira 
 
La galette lorraine

Le feu flambe au four, un feu clair
De ramille et de brande,
Et le pain chaud embaume l'air
De son odeur friande.
Payse, prends sur le buffet
Le grand plat de frêne,
Et montre aux enfants comme on fait
La galette lorraine

D'avance tout est préparé
Dans la huche entr'ouverte
Fleur de froment, beurre paré
D'un lit de vigne verte,
Oeufs frais pondus de ce matin
Et crème virginale
Sentant le fenouil et le thym
De la friche natale

La payse d'un doigt léger
Pétrit la pâte fine
Tout autour d'elle on voit neiger
De la fleur de farine
Les marmots au regard charmant,
couleur de violette
Parmi ce neigeux poudroiement
Contemplent la galette

N'épargne pas le beurre ! Encor
Payse, à pleine tranche !
Bats les oeufs jaunes comme l'or
Avec la crème blanche
Puis lentement avec amour
Répands les sur la pâte...
C'est parfait ! Maintenant, au four,
Au four et qu'on se hâte

Toute chaude sur le bahut
Savoureuse, alléchante
Voilà la galette... Salut,
Toi qu'on aime et qu'on chante

Du pays Messin au Barrois
Des Vosges à l'Argonne,
Partout où le mâle patois
Des fiers Lorrains résonne !

Qu'on nous apporte un vin du crû
A sève pétillante,
Et trinquons ferme, arrosons dru
La galette bouillante.
Buvons au vaillant souvenir
De sa vieille marraine
A l'espérance, à l'avenir
A la libre Lorraine !

André THEURIET
Académicien français lorrain
Poète, romancier et auteur dramatique
1833-1907


La quiche lorraine telle que préparée dans ma famille
:
 

quiche_lorraine

 
1 pot de 20 cl de crème fraiche
Lait en fonction de la consistance de la crème
3 oeufs
Lard (pas de lardons, à découper soi-même)
1 pâte brisée maison pour l'authenticité ou feuilletée (selon les goûts)
Sel, poivre

Chez nous, la pâte brisée était préparée à base de farine, d'eau et de saindoux. Les oeufs eux-mêmes étaient conservés dans de grands pots en grès et recouverts de saindoux (graisse de porc).
 


pot_gres_oeufs
 
Pot à oeufs recyclé 
 
On allait chercher la crème dans la ferme voisine et le lard était fourni par le cochon tué dans la ferme tous les ans. On est loin de nos quiches industrielles et même de celle que je vous présente faite avec les moyens du bord et une pâte feuilletée achetée.
 
La crème doit être semi-liquide. Si ce n'est pas le cas, l'étendre avec un peu de lait afin de l'assouplir. "Battre les oeufs jaunes comme l'or avec la crème blanche". Ajuster sel et poivre.

Sur le fond de la tarte répandre des petits dés de lard. Si vous voulez une bonne quiche évitez les dés de lard coupés industriellement. Préférez un beau morceau de lard maigre de pays que vous aurez choisi vous même.
 
 
lardlard2

La qualité du lard est primordial dans la quiche.

"Puis lentement avec amour
Répands les sur la pâte... (crème et oeufs)"



poeme_theuriet
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Les Bergamotes de Nancy

Mercredi 4 Octobre 2006, 11:46 GMT+2par Eglantine
http://leplacard-d-elle.mabulle.com/index.php/2006/10/04/46131-bergamotes-de-nancy
bergamotes nancy

La réponse était vraiment trop facile. C'est bien évidemment un moule à caramel. Bravo à Sandra, Choupette et Patrick. Et c'est pour satisfaire l'envie de ma mère qui avait envie de Bergamotes que mon père le fit fabriquer, pour une fois, par un de ses amis. La Bergamote, c'est ce petit bonbon si parfumé qu'on fabrique plus particulièrement à Nancy


bergamote

Avec glucose

Pour les réaliser, il vous faut :

500 gr de sucre
2 verres d'eau
2 cuillerées à soupe de vinaigre (ou une cuillère de glucose)
8 à 10 gouttes d'essence de Bergamote.

Mettre le tout à feu vif et surtout ne pas remuer en cours de cuisson. Quand le sucre commence à jaunir, retirer du feu. Ajouter 8 à 10 gouttes d'essence de Bergamote.

Attention, le sucre ne doit absolument pas brunir mais jaunir un peu sinon le gout de la bergamote ne ressortira pas et vous obtiendrez des caramels ordinaires. Vous pouvez vous aider d'un thermomètre à sucre. Surveiller la montée à 150°. Vous devez arrêter la cuisson au premier stade de la caramélisation vers 155° et ne jamais dépasser les 160° . Le sucre commence seulement à jaunir. Le caramel s'il était trop brun tuerait le goût de la Bergamote.

On peut ajouter en début de cuisson une cuilllère de glucose. On ajuste alors l'essence de Bergamote en conséquence. Les Bergamotes seront moins cassantes et se garderont beaucoup mieux. Il est probable que vous ne réussirez pas cette recette du premier coup car les proportions de l'essence dépendent beaucoup de sa qualité. Ma mère n'avait pas de thermomètre mais ça ne l'a pas empêché de nous faire ces délicieux bonbons qu'elle coulait après cuisson sur une plaque de marbre.


decoupeberga

Jeter votre préparation sur une plaque huilée et découper. L'outil à découper doit au préalable être huilé

La Bergamote et nous, c'est un pan entier de notre vie. J'ai toujours connu ce bonbon. Et puis je vais tout avouer puisqu'il y a maintenant prescription : lorque nous étions enfants, on les faisait en très grande quantité et comme on avait pas d'argent de poche, on les vendait à nos petits camarades. Et ça partait mieux que des petits pains. Y'avait pas besoin de faire beaucoup de pub.....

bergamotes

sans glucose

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L'île flottante : KKVKVK#11

Dimanche 30 Juillet 2006, 17:22 GMT+2par Eglantine
http://leplacard-d-elle.mabulle.com/index.php/2006/07/30/61123-lile-flottante

Lorsque j'ai participé pour la première fois au KKVKVK organisé par Doriannn sur les mille-feuilles, je me suis dit que le prochain ne serait pas pour moi. En effet, partant en vacances au mois d'août, j'avais peu de temps devant moi pour ranger ma maison, faire mes valises.... etc

Et puis voilà que Sylvie d'Amuses-bouche propose pour le suivant la confectioncuisinechateau d'une île flottante. Or l'île flottante a chez moi une certaine résonance. C'est  une recette familiale mais aussi une recette unique car jusqu'à présent je ne l'ai jamais mangée que chez mes parents. Enfin, je la croyais unique jusqu'au  jour ou une très bonne amie m'offrit le livre de la cuisine des Châteaux de la Loire. 

Et là entre deux recettes plus prestigieuses les unes que les autres, un tout petit article qui aurait pu passer inaperçu sans son titre racoleur "les fesses de bonne-soeur"

fessesbs
Oui Mesdames et Messieurs, au Château des Réaux, on a de l'humour, on mange des fesses de bonne-soeur. Il s'agit de la même recette que celle qui me sert à confectionner l'île flottante mais là bas on aime les fesses sèches et glacées, pas de crème anglaise et un passage au freezer  !!!!!!

Par ailleurs, cette île flottante a aussi une histoire et même mieux, elle appartient à notre histoire. Et oui, elle fait intimement partie de la construction de notre famille puisque c'était le dessert servi lors du repas de fiançailles de mes parents. La cuisinière avait acceptée de révéler son secret à ma mère. Ma mère affirme qu'il devait aussi y avoir des pralines roses, mais traditionnellement chez nous on en mettait jamais. Moi j'ai décidé d'en ajouter pour la déco mais aussi pour être plus proche de la recette d'origine. Voici donc la recette  :

Confection de l'ile

6 blancs d'oeufs
25 gr de sucre pour les blancs
150 gr de sucre en morceaux pour le caramel
ile flottante


La difficulté consiste à obtenir des blancs d'oeufs battus en neige ferme en même temps que le caramel blond et à mélanger le tout ensemble.

Battre les blancs d'oeufs en neige ferme. Ajouter à la fin les 25 gr de sucre et continuer à battre afin d'obtenir des blancs très fermes.

Dans le même temps, faites un caramel blond avec le sucre et l'eau. Puis retirer du feu, incorporez les blancs et mélangez délicatement mais fermement avec le caramel. Mettre dans un moule à charlotte recouvert d'une assiette pendant minimum 2 heures au frigo. Moins la préparation reste au frigo, plus vous avez de chance de trouver à l'intérieur des petits bouts de caramel croustillants.

Confection de la crème anglaise

1/2 litre de lait
6 jaunes d'oeufs
100 gr de sucre
1 gousse de vanille fendue en deux

Mélanger jaunes d'oeufs et sucre. Faire chauffer le lait avec la gousse de vanille. Ajouter le précédent mélange et faire chauffer doucement le tout en remuant constamment mais sans aller jusqu'à l'ébullition. Comment sait-on que la crème est cuite : On doit pouvoir napper la cuillère de crème et passer son doigt au centre. Si la marque reste de façon franche, la crème est prête.

ile flottante 2

Déco en sucre filé

Faire un caramel blond. Laisser refroidir ce caramel jusqu'à ce qu'il ait consistance du miel.  Tremper deux fourchettes collées dos à dos dedans et donner des coups à droite et à gauche au dessus d'un papier sulfurisé afin d'obtenir de fins filaments. Continuer jusqu'à ce que ne soit plus possible. Mettre en forme les cheveux d'ange.

Décoration

Quelques pralines pilées.

Montage

Mettre la crème anglaise au fond d'une jatte. Retourner dessus l'île flottante. Pour des raisons pratiques, on peut déjà récupérer le caramel fondu dans un récipient, puis retourner l'île flottante sur la crème anglaise.Verser ensuite dessus le caramel fondu.

Décorer de sucre filé et de pralines roses pilées.

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Des fraises extraordinaires

Jeudi 22 Juin 2006, 12:08 GMT+2par Eglantine

Longtemps j'en ai rêvé, c'est certainement le fruit que je préfère. Des tonnes de fraises différentes j'ai acheté, espérant ainsi retrouver la saveur oubliée, mais que nenni, aucune ne s'en approchait même l'excellente Mara des Bois.

fraisesbois

Des fraises des bois
de la crème fraiche
du sucre

L'école était distante du village de deux kilomètres. L'été, le vélo était notre moyen de locomotion. Nous maudissions alors la côte à forte déclivité que nous devions prendre tous les soirs pour retourner à notre logis. Mais cette côte était aussi parfois notre amie : l'hiver  trop pentue, aucun véhicule ne pouvait passer et par conséquent nous avions des jours de vacances supplémentaires ; l'été,  tout du long, elles se tapissait au mois de juin d'un tapis vert dans lequel était enfouies de petites tâches rouges, des fraises.  C'était le signal.

 Au premier week-end, armés de grandes bottes pour contrer les épines, et de nos pots à lait, nous partions à l'assaut des bois. Nous avions de quoi faire car le village était suivi de 7 km de forêt. On savait ou elles se cachaient. Il leur fallait un peu de fouillis et beaucoup de lumière. C'était donc dans les coupes fraiches des bois au milieu des ronces que nous étions sûres de les trouver.

Elles arrivaient par grappe et à perte de vue. Très petites, la cueillette s'avérait longue. Mais on ne compte pas quand on aime, et puis  pour tuer la faim et le temps, on pouvait se permettre d'en manger quelques unes, il y en avait tellement. En fin de journée on obtenait un et parfois deux pots à lait complet sur lesquels, cette fois, nous nous gardions bien de tester les lois de l'apesanteur .

Invariablement, les fraises terminaient dans une grande jatte sur laquelle ma mère jetait quelques cuillères de sucre. Le soir, on les retrouvait dans notre assiette avec un peu de crème ou de fromage blanc en faisselle (maison, je précise). C'est ainsi qu'on les préférait et que c'était bon !

Goupil, le renart fut longtemps mon copain. A travers mes lectures, je me délectais de ses déboires avec Ysengrin mais il tomba malade et du jour au lendemain il me parut beaucoup moins sympathique. Certes, ce n’est pas charitable de s’éloigner des personnes souffrantes mais lorsque votre vie est en danger, comment faire ?... car Renart avait la rage.  Une mauvaise rencontre pouvait  être fatale  et les fraises pouvaient être contaminées par de la bave...

On peut apparenter cela un un petit traumatisme. Je n’ai jamais oublié la fraise des bois et sa saveur si spéciale. Mon premier acte de propriétaire fut donc de planter des fraisiers. J’ai la fibre horticole mais absolument pas maraichère. Ce fut un échec total. Au bout de quelques années et à force d'essai, j’ai abandonné, mais sentimentalement j’ai laissé les plants coloniser mon jardin, je n'arrivais pas à les arracher. Les premières années, rien car les limaces me devançaient. Puis un jour, au fond d’une petite tasse à café, j'ai pu réunir quelques fraises. Aujourd’hui c’est la première petite assiette. ll n’y en a qu’une, mais ces fraises ont la saveur des fraises des bois. Je ne désespère pas. Un jour, je remplirai une jatte......

Pour ceux qui seraient intéressés par les très excellentes aventures de Renart, le goupil voici un lien ou l’on peut trouver quelques textes : le Roman de renart.


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Gateau bon accueil aux écorces d'oranges

Mercredi 31 Mai 2006, 13:45 GMT+2par Eglantine
http://leplacard-d-elle.mabulle.com/index.php/2006/05/31/51300-gateau-bon-accueil-aux-ecorces-doranges
C'est une recette qui appartient à ma mère. On avait droit à ce gateau tous les dimanches. Les visiteurs du Week-end en profitaient bien entendu. Et comme tout le monde le trouvait excellent et que personne ne savait vraiment le faire (confire des zestes, tout le monde n'a pas la patience), quand on allait quelque part, souvent, on en emmenait un exemplaire avec nous. Au bout de quelques années, ce gateau nous parut ordinaire et nous aspirions à d'autres saveurs. Il a donc naturellement disparu.

C'est avec un plaisir certain que j'ai retrouvé le gout de mon enfance  . J'ai pris un plaisir non dissimulé à le consommer. Mais ce qui m'a fait le plus plus plaisir, c'est ce week-end : à l'occasion d'une sortie entre amis, j' ai emmené ce gateau pour mater la faim. Et il a fort plu.

125 gr de sucre semoule
2 oeufs
1 tasse à thé de crème de lait bouilli
(je l'ai remplacé par  20 cl environ de crème fraiche)
125 gr de farine
1 paquet de levure chimique
75 gr d'écorces d'orange confites à ma façon
(Avec les écorces du commerce beaucoup plus typées, vous risquez de ne pas obtenir du tout la même saveur)

gateauentier

Ma mère l'a dit, il faut mélanger les éléments dans le bon ordre et surtout pas de batteur sinon, ça marche pas, c'est pas la même chose. Ceux qui ont essayé de déroger à la règle se sont plantés et ont été étonnés de ne pas obtenir la même chose (mais avaient-ils les bonnes écorces d'orange confites).

Dans le fond d'une jatte, mettre sucre, oeufs et crème et mélanger. Ajouter la farine autour et en partant du milieu, incorporez la à la pate en la faisant descendre peu à peu dans le tourbillon généré par la cuillère et votre coup de main vigoureux. Terminer par la levure.

Lorsque le tout est bien mélangé. Battez vigoureusement en la soulevant et toujours à la main (on triche pas) la pate.

Incorporez en dernier  les écorces confites coupées en petits morceaux et au préalable passés dans la farine.

Faire cuire au four 30 à 35 mn, th. 170°.

coupe2

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Ecorces d'oranges confites !

Vendredi 26 Mai 2006, 11:55 GMT+2par Eglantine
http://leplacard-d-elle.mabulle.com/index.php/2006/05/26/50804-ecorces-dorange-confites
J'ai un tic. Oui, je pense à ces questionnaires qui ont circulé et qui demandait quel est votre vice caché. Et bien, le mien ce sont les écorces d'orange. Philippe, si tu lis ce post, je t'entends d'ici, elle en a plein d'autres.... Oui, mais c'est le seul que je vous révèlerai. Je MANGE les écorces d'orange.... Je peux pas m'en empêcher.

Quand je mange une clémentine ou une orange, subrepticement alors que tout le monde est occupé par sa propre assiette, hop, je donne un petit coup de dent dans l'écorce. Je sais, je sais, quand elles sont traitées c'est infâme. Je me retiens un max, mais un petit peu, je peux pas m'en empêcher !.

Tout ça ca remonte à mon enfance. J'ai toujours mangé des écorces d'orange. Y'avait pas de bonbons à la maison ou très peu, seulement ceux que nous faisions. La friandise, c'était le bocal d'écorces d'orange confites. Y'en avait toujours.

ecorcefinal

Pendant des années, j'ai essayé d'en faire, mais sans succès. J'obtenais pas le bon résultat jusqu'au jour ou j'ai posé cette question à ma mère : MAIS COMMENT TU FAISAIS ? Fallait y penser hein !!!! Bien sur que je lui avais déjà demandé mais elle était toujours évasive mais là, la dernière fois elle m'a donné la bonne méthode et c'est pareil que pendant mon enfance. Magique !

Il vous faut :

Des écorces d'oranges non traités
Du sucre
De l'eau

Vous devez d'abord prélever les écorces d'oranges, les laver et les faire tremper 3 à 4 jours dans de l'eau froide en changeant l'eau tous les jours.

pailleAu bout de ce temps, vous les faites bouillir dans de l'eau jusqu'à ce qu'une paille puisse passer au travers.Vous égouttez et enlever le surplus de peau blanche.

ecorce1Puis avec le sucre et de l'eau fraiche et neuve, vous faites un sirop un peu épais. Vous ajoutez à votre sirop vos écorces d'orange. En volume, le sirop doit être à mi-hauteur des écorces d'orange.

Vous donnez un coup de bouillon, un petit tour de cuillère et vous laissez reposer en couvrant jusqu'au lendemain. Les jours suivant, vous donnez un coup de bouillon, un petit coup de cuillère et vous laissez reposer en couvrant jusqu'au lendemain et ainsi de suite jusqu'à ce que les écorces aient gobé tout le liquide. Soit 3 à 4 jours.

Etalez alors les écorces sur une grille pour les faire sècher.
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Petits fours duchesse

Mercredi 24 Mai 2006, 17:45 GMT+2par Eglantine
Des gateaux tout simples que les enfants peuvent faire et excellent en accompagnement d'un thé ou d'un café. Une recette familiale faite et refaite !

fours

70 gr de sucre
175 gr de farine
1 oeuf
50 gr de beurre
1 cuillère à café de levure
Fruits confits, fruits secs...
1 blanc d'oeuf (facultatif)

Mettez farine, levure et sucre au fond d'un jatte. Emiez le beurre et sablez le avec le mélange précédent. Incorporez l'oeuf pour lier la pate et faites une grosse boule semblable à une pate à tarte.

Détachez alors des morceaux de pate et roulez les dans votre main pour faire de petites boules. Déposez les au fur et à mesure sur le plateau de cuisson et creusez le centre avec votre doigt.

Pour terminer, déposez au centre de chaque gateau un fruit confit ou un fruit sec. Vous pouvez finir  en badigeonnant le gateau de blanc d'oeuf afin qu'il ait une jolie teinte brillante après cuisson.

prepa

Mette 10 mn environ à four th. 170°
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Pain perdu et pains dorés

Lundi 1 Mai 2006, 11:47 GMT+2par Eglantine
http://leplacard-d-elle.mabulle.com/index.php/2006/05/01/37790-pain-perdu-et-pains-dores
Mon grand-père était un poilu de la guerre 14-18. Fort heureusement, il n'eut pas à combattre car il était vaguemestre. Mais quand même. Les horreurs de la guerre, il a connu. Le village de mon enfance qui est aussi celui de mon grand-père était sur le front. Il fut totalement rasé. Mon grand-père perdit tout ce qu'il avait. Ce qui veut dire que  les années qui suivirent la guerre furent des années dures  à la ferme. Il y avait 6 enfants à nourrir. Ils étaient agriculteurs et élevaient des cochons. Ils ne les mangeaient pas, c'aurait été du luxe, non, ils les revendaient pour acheter du lard, ce qui leur assurait des repas pour beaucoup plus longtemps. Ma grand-mère était donc la spécialiste de la choupe au choux et au lard qu'ils mangeaient accompagnés de croutons de pain. Y'en avait toujours dans un grand chaudron. Mais mon père lui, il détestait celà et pour le faire manger, ma grand-mère lui préparait des pains perdus ou pains dorés. Le pain de toute façon ne pouvait pas être perdu.

Du lait
De l'eau
Du sucre vanillé
ou une gousse de vanille fendu en deux
Du pain
100 gr de farine
2 oeufs
Du sucre
1 pincée de sel
painsdorés

Faire une pate à crêpe un peu épaisse avec la farine, les oeufs, une pincée de sel, une cuillère de sucre et un peu de lait.

Il fallait économiser les matières, le lait était donc coupé pour moitié d'eau. J'ai donc fait mes pains dorés avec un mélange 3/4 de lait 1/4 d'eau. Faire chauffer l'ensemble avec un sachet de sucre vanillé ou une gousse de vanille et une petite cuillère de sucre.

painperdus

Faire chauffer de l'huile dans une poêle. Tremper le pain coupé en tranche dans le mélange eau lait puis les entourer de la pate à crêpe épaisse. Les faire dorer dans l'huile bouillante. Retirer du feu et saupoudrer de sucre.



Aujourd'hui le pain perdu est synonyme  pour moi de l'art de transformer des éléments simples en un véritable délice. C'est par plaisir que de temps en temps, nous finissons notre pain de cette façon. Quant à la soupe au choux, ne comptez pas sur moi pour vous en révéler le secret. Mon père détestait trop cela et je n'ai jamais eu le plaisir (ou le déplaisir) d'y gouter.

C'est aussi à cause de cette foutue guerre que mon grand-père coupait l'encre d'eau tout comme ma grand-mère coupait le lait d'eau. Il fallait que tout puisse durer longtemps puisqu'on était jamais sur du lendemain.

orpheline

L'orpheline
(au milieu des ruines causées par une bombe)

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Les Truffes au chocolat

Lundi 19 Decembre 2005, 11:29 GMT+2par Eglantine
http://leplacard-d-elle.mabulle.com/index.php/2005/12/19/27257-les-truffes-au-chocolat
Ou l'art de transformer du chocolat ordinaire en chocolat de luxe

Truffes au beurre (classique)

250 gr de chocolat noir (bien cacaoté de préférence)
3 jaunes d'oeufs
200 gr de beurre
3 cuillerées à soupe bombées de sucre
2 cuillerées à soupe d'eau
Cacao ou banania


Faire fondre au micro-onde (3 à 5 mn position décongélation ou defrost) le chocolat avec l'eau et le beurre. (Vous pouvez aussi utiliser le bain marie, mais c'est beaucoup plus délicat.)

Mélanger le tout jusqu'à obtention d'une préparation lisse et brillante. Ajoutez les jaunes d'oeufs et bien mélanger. Placer le tout au réfrigérateur. Après plusieurs heures façonnez des petites boules que vous tremperez dans du cacao pour les amateurs de chocolat ou dans du banania pour les papilles plus fragiles.



Truffes noisettes et rhum


choco poudre mélange

100 gr de poudre de noisettes
1 à 2 cuillerées à soupe de rhum
100 gr de sucre cristallisé
125 gr de chocolat noir + 3 cuillerées à soupe d'eau
Cacao, sucre glace, poudre de coco, poudre de noisette au choix pour l'enrobage

Passer la poudre de noisettes au four afin de lui donner un gout un peu plus prononcé. Attention, ça brule très vite, faut juste légèrement coloriser.

Faire fondre au micro-onde (3 à 5 mn position décongélation ou defrost) le chocolat avec l'eau. Vous pouvez aussi utiliser le bain marie, mais c'est beaucoup plus délicat. Mélanger.

Ajouter les noisettes et le rhum puis mélanger. Placer le tout au réfrigérateur. Après plusieurs heures façonnez des petites boules que vous tremperez dans le mélange qui vous séduit le plus. Cette fois ci j'ai utilisé un mélange sucre glace-noisettes.

http://leplacard-d-elle.mabulle.com/index.php/2005/12/19/27257-les-truffes-au-chocolat
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Contenu

Mercredi 7 Decembre 2005, 22:20 GMT+2par Eglantine
Les recettes du placard

Recettes familiales.

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