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Eglantine

Le Placard d'elle

Elle, c'est Eglantine. Ses racines sont en Argonne dans un petit village perdu à la lisière de la grande forêt. Eglantine vous parle de sa cuisine, de ses souvenirs, de là-bas mais aussi d'ailleurs...

La recette du bonheur

Lundi 14 Juin 2010, 11:08 GMT+2par Eglantine
comment faire un cerf-volant
Voilà une recette qui se déguste avec les yeux.... et quand ça marche, c'est le bonheur.....

Il existe plein d'autres techniques sur le web mais celle-ci, je vous garantie qu'elle fonctionne. Il faut, bien sur un  peu de vent pour aider au décollage mais une fois la-haut, attention de ne pas lâcher la ficelle.

Ingrédients :

- 2 baguettes de bois de taille identique, le plus léger possible (idéal = balsa, autrement, bambou)
- 1 feuille de papier (emballage, journaux, kraft...) : le plus léger possible.
- colle
- beaucoup de ficelle
- papillotes de papier

  • Assembler les 2 morceaux de bois en croix en les maintenant avec de la ficelle.
  • relier les 4 bouts de la croix par une ficelle
  • installer le papier sur la croix : replier et coller les bord du papier sur les ficelles liant les 4 bouts de la croix.
cerf volant
  • installer la ficelle du cerf-volant : 1 ficelle est attachée aux 2 extrémités d'un côté du carré. La longueur est telle qu'en tendant la ficelle, le point milieu se trouve au centre de la croix (en rouge sur le dessin). La ficelle générale est attachée au centre de la croix (elle doit être très solide et très longue  enroulée autour d'un objet.... plus le cerf-volant montera, plus on la déroulera). Cette ficelle générale doit être reliée au centre de la ficelle précédente, la longueur pour le point d'attache étant déterminée en tirant la ficelle du centre de la croix vers le milieu d'un coté du carré (détermination de la longueur en vert sur le dessin). les noeuds doivent être faits pour que les ficelles ne glissent pas (utiliser la colle si besoin). En vol, la croix d'armature doit se trouver vers le ciel. Il faut donc faire un tout petit trou dans le papier pour passer la ficelle centrale. Cette partie est la plus importante pour le vol du cerf-volant.
  • attacher une ficelle (déterminée de la même manière que la 1ère du point précédent) au côté opposé de cette 1ère ficelle. Au centre, attacher la queue.
  • la queue n'est pas très critique ; elle sert à orienter le cerf-volant par rapport au vent. 2 à 3 mètres devraient être corrects. Nouer des papillotes sur cette queue.

cerf volant

Evidemment, ils sont un peu plus compliqués.....
 
 
Bon, j'espère que vous avez tout compris... c'est une recette donnée par mon frère mais personnellement, je n'ai pas eu le courage de la tester. Je peux cependant vous garantir qu'elle fonctionne pour avoir vu dans mon enfance des cerfs-volant ainsi conçus voler. Si vous décidez de vous lancer et que vous trouvez certains points obscurs, n'hésitez pas à poser des questions. je me ferais un plaisir de vous répondre.

A bientôt pour d'autres recettes, cette fois ci, gourmandes....

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Vol au vent ou la folie des airs

Mardi 25 Mai 2010, 11:17 GMT+2par Eglantine
Nul par chez moi ne vous dira que Roland-Garros était un tennisman puisque l'avion de ce brillant pilote, sportif, inventeur, mais aussi soldat eut le malheur de s'écraser le 5 octobre 1918 dans la petite commune de Saint-Morel, petit village ardennais à quelques kilomètres seulement de ma région natale, abattu par un avion allemand.

tombe de roland garros à saint-morel

Est-ce parce qu'il avait entendu cette histoire, ou est-ce plutôt par ce que mon grand père lui avait raconté l'histoire de Henri Farman et de son aéroplane Voisin, parcourant les 27 kilomètres séparant le petit village marnais de BOUY de la ville de REIMS et réalisant ainsi le « premier vol de ville à ville  » de l'histoire mondiale de l'aviation  ou bien encore parce qu'on lui avait raconté le grand meeting aérien qui avait eu lieu en 1909 sur la commune de BETHENY près de REIMS où les pilotes les plus prestigieux de l'époque s'étaient donné rendez-vous pendant 8 jours (BLERIOT, FARMAN, SANTOS DUMONT.. ) attirant ainsi une foule d'environ 500 000 spectateurs ce qui n'était pas rien pour l'époque... toujours est-il que mon père était fasciné par l'aviation et par tout ce qui vole. Il faut dire que les histoires d'objets volants étaient légion dans la région : après le fameux meeting de 1909, ce fut  en 1911 le concours d’aéroplanes militaires de Reims, premier concours de ce type  et puis en 1914, au dessus de Jonchery, le premier combat aérien.

Certains soutiendraient même que l'Aviation du monde est née en Champagne ?

Nous, nous étions pacifiques avec une sainte horreur des armes.  L'aviation militaire ne nous attirait pas particulièrement.  Ce qui nous fascinait, c'était plutôt les pionniers (Saint-Exupery, Mermoz...) et l'aéropostale, née pratiquement en même temps que mon père et  précurseur des compagnies aériennes commerciales d'aujourd'hui.

leonard de vinci et les machines volantes

Aussi, lorsque certains dans leur enfance ont pour préoccupation les bonbons tagadas, récré A2, Mario Bros,  les tortues Ninja, Superman ou star académy (je sens que je suis dépassée sur ce coup la...).... nous, ce qui nous intéressait  c'était Léonard de Vinci et ses étranges inventions. Outre quelques moments réservés à la reproduction de la Joconde, nous nous amusions à  défier les lois de la pesanteur tout en cherchant à comprendre pourquoi un oiseau arrive à voler. Le chat fit particulièrement les frais de cette curiosité. Ouais, je sais, un chat ça ne vole pas. Mais nous, on nous avait dit que, quelque soit la hauteur, lâché d'en haut, un chat retombait toujours sur ses pattes : aussi  afin de vérifier épisodiquement cette curiosité, de temps en temps, nous le posions au dessus d'un porche assez élevé ou dans un panier suspendu aux crochets du plafond servant à sécher le saucisson et à notre grand plaisir, il s'en tirait toujours de la même façon, vérifiant cette immuable loi.

gaia

Nous n'avions pas que des activités malsaines parce que bien évidemment, nous aimions notre chat et jamais nous n'aurions voulu lui faire du mal. Les hauteurs étaient raisonnables...

Très tôt, notre père nous avait raconté des histoires extraordinaires comme celle de ce cerf-volant qu'il avait construit avec des feuilles de papier à cigarettes et probablement des tiges de sureau, dans son enfance, à Bussy-Lettré :

- "il volait formidablement bien" nous avait-il dit, "les enfants était heureux, ils me  suivaient tous dans le village....  il avait une longue queue... et puis je l'ai lâché, les enfants couraient derrière et voulaient l'attraper...  ils n'ont pas pu (et ça, ça le faisait rire...), il est parti, il est parti trop haut, très loin..."

le cerf-volant

Par la suite, c'est tout naturellement que j'ai porté une vénération sans borne au film :  "le cerf-volant du bout du monde" le considérant tout simplement comme "le" meilleur film de l'histoire du cinéma pour enfants. 

Toujours est-il que suite à ces récits enchantés, nous étions littéralement captivés par tout de qui vole. Notre chat s'appelait Spoutnik., sur notre petite télévision noir et blanc nous avons tous suivi passionnément les premier pas d'un homme sur la lune.,

Nous construisîmes nos premiers avions, avions qui marchaient avec un peu d'essence... Enfin quand je dis nous, c'était surtout mon frère mais je suivais passionnément l'aventure. Et puis le week-end, on se rendait près de Reims (ou peut être Mourmelon...). La piste désaffectée était notre terrain d'essai, nous trouvions cela fun et très chic d'utiliser une telle piste pour nos petits coucous.... l'avion décollait bien, avait un doux ronronnement, crachait un peu de fumée. La magie était vite interrompu : invariablement l'engin piquait du nez et s'écrasait au sol. Les dégâts ne nous permettaient pas de multiples essais...

Bien des années plus tard, lors d'un voyage en Mauritanie, nous essayâmes de faire décoller notre voiture sur la piste d'Atar mais ça n'a pas marché. Les avions ne se posaient qu'une fois par semaine, un rare petit moment de bonheur.

Dans la région, l'histoire de l'aviation n'avait pas marqué que mon père. A 2 km, de là, chose étonnante, un avion trônait au milieu d'une des pièces du vieux château, ce même château ou ma tante travaillait quelques années plus tôt comme cuisinière et mon oncle comme jardinier. Je n'ai jamais su pourquoi cette objet insolite était là ni comment on avait fait pour l'y mettre. J'en entends quelques uns : un avion, mais c'est pas possible, elle raconte vraiment n'importe quoi Églantine  !!! mais si, mais si... bien sur il n'avait pas ses ailes, mais je vous jure que je l'ai vu de mes propres yeux. J'affirme aussi qu'il ne s'agissait pas d'une maquette.... A quelques mètres de ce lieu, C., l'étrange propriétaire du château s'activait mystérieusement des heures entières dans son garage. En Argonne, dans les garages, parfois, on construit des avions, on a le temps, les journées sont si tranquilles....   A côte de C., animé de la même passion, certains jours, on pouvait rencontrer mon père, il l'aidait..

L'avion fut un jour fini mais à ce qu'on m'a rapporté, il n'a jamais volé... non pas qu'il en fut incapable... ce fut simplement une banale histoire d'argent.... trop coûteux et trop compliqué d'homologuer un tel appareil... c'est bête hein, quand les rêves se terminent ainsi !

C. n'en resta pas là, il passa son diplôme de pilote et un jour vint chercher mon père et mon frère. Celui la même qui toute sa vie nous parla d'avion, qui nous emmena sur les pistes pour essayer de faire décoller nos maquettes, qui nous emmena même à Orly uniquement pour voir décoller les avions, celui dont je vous parle n'était jamais monté dans un avion et avait même une appréhension énorme rien qu'à cette idée. C. su être convaincant. Ils partirent tous trois vers l'aérodrome puis revinrent quelques temps plus tard au dessus du village faisant ainsi de mon père le plus heureux des hommes en réalisant un de ses rêves les plus vieux et le plus fou  : voler..... Mon frère fit de jolies photos du village.

la placardelle

Mon histoire pourrait s'arrêter là mais ce n'est pas le cas. Le destin a parfois d'étranges rebondissements. Ainsi, quelques années plus tard, mes enfants alors très jeunes, accompagnés de leur père et grand-père firent une ballade dans les champs. Quand certains ramassent des fruits ou des cailloux, eux savez vous ce qu'ils ramassèrent : un pilote. Il arrive que les pilotes tombent avec leur "planeur" au milieu des champs, c'est rare, je vous le concède, mais ça arrive ! L'histoire ne prête pas à sourire direz vous ! Si, car figurez vous que le pilote avait réussi à se poser proprement et c'est les yeux ébahis et émerveillés de ma famille qui furent témoins de ce spectacle insolite : un avion trônant au milieu d'un champ de betteraves. L'aviateur fût heureux de trouver dans ce coin perdu un peu de civilisation mais surtout de pouvoir alerter son aéro-club. Mes enfants rayonnaient de bonheur, le pilote attendri leur permit de monter dans son coucou et de faire une photo... Elle est pas belle la vie....

le planeur et les enfants

Dans le prochain article, vous aurez la vraie recette du bonheur mais un peu de patience, j'ai un peu de mal à aller derrière mon ordinateur ces derniers temps....
 
PS (témoignage de mon frère) :  Bussy-Lettré se trouve aujourd'hui à 3 km de l'aéroport international de Vatry. Coïncidence ?

Pour C., il a travaillé pendant des années sur un genre d'hélicoptère individuel. On voyait épisodiquement cette machine dans les champs du voisinage. Je ne sais pas si c'est ce que tu as vu. Un jour, sur la route de La Harazée, j'ai vu une corde attachée à un piquet de parc qui retenait quelque chose. En levant la tête, j'ai vu cette étrange machine avec C. assis dans le siège. Je confirme donc que cette machine a bien volé (en vol captif).
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Le temps des pommes

Vendredi 19 Octobre 2007, 12:05 GMT+2par Eglantine

la fabrication du cidre , verreries d'Argonne, tonneliers de Florent en Argonne
Dans nos campagnes, les journées étaient longues et lorsque les petits citadins lassés d'explorer notre univers, étaient repartis à leurs occupations, il n'y avait plus beaucoup de distractions pour les petits campagnards que nous étions. Le gigantisme de l'espace avait bâti autour de nous des frontières naturelles : nous étions une oasis dans un grand désert. Pour éviter de sombrer dans l'ennui, nous avions de temps en temps quelques bruits de tracteurs, des pas dans la rue ou des cris d'animaux qui nous empêchaient d'hiberner. Alors au petit matin, la bise fraîche qui balaie le visage, la brume légère qui s'élève en volutes fantasmagoriques et le ronron du bus au loin annonciateur d'un proche départ vers l'école, tout cela, c'était un véritable bonheur.

La fin des vacances n'était pas pour moi la fin du bonheur, bien au contraire. La rentrée des classes, c'était avant tout la rupture de la solitude mais c'était aussi les cèpes et les trompettes de la mort, le ramassage des noix et des noisettes, les feux de broussailles, l'odeur des gaufres dans la cuisine et puis et surtout, le début d'une grande ronde familiale qui allait durer plusieurs semaines.

Au centre de cette ronde, il y avait la pomme. Les danseurs, c'était les membres de la famille, le coup d'envoi du ballet, le canif. Le fruit était coupé en deux et goûté : si les pépins étaient noirs et le fruit sucré, alors on pouvait commencer. Les pommes étaient cueillies, triées et mises à parer dans un local abrité en attendant la grande messe finale.

rambour

 

En Argonne, y'avait une longue tradition de tonneaux et de bouteilles et tout le monde s'en souvenaient même si tout cela avait disparu... c'est bien connu, les fantômes continuent de hanter quelques temps les lieux qu'ils ont habités surtout si leur fin a été douloureuse... 

Tout d'abord, à Florent-en-Argonne, il y avait eu les tonneliers.
 

florent_tonneliers

 

Ils travaillaient avec les bons chênes plantés profondément dans le sol siliceux de la forêt proche qui leur conférait un grain très fin, un grain réservé aux meilleurs barils.
 

chêne


La grande forêt d'Argonne est la forêt historique des fûts à Champagne. Elle était à leurs pieds.
Mais quand les cuves remplacèrent les tonneaux, tonneliers et mairandiers (ceux qui font les planches du tonneau) disparurent. Au nombre de 150 vers 1939, il n'en reste plus aujourd'hui. Le dernier tonnelier a disparu dans les années 80. 

Et puis, les même sols avec la même forêt avaient attiré dès le IIIe siècle les verriers si bien qu'au IVe siècle, on connaissait déjà la bouteille. Pour faire du verre, il fallait des minéraux siliceux et fondant (sable, grès, calcaire...) afin de créer la matière, il fallait aussi de la gaize (pierre morte) pour édifier le four et puis de l'argile pour le maçonner et modeler les creusets où on fondait le verre. Enfin, il fallait du gibier, des fruits, des sols cultivables pour nourrir la famille et nous vivions au milieu de tout cela.

On nous parlait souvent des verreries, y'en avait eu partout mais on parlait surtout de celles des Senades, de la Harazée, du Neufour, des Islettes et du Four-de-Paris, des lieux qui m'étaient particulièrement familiers. La verrerie du Four de Paris alimentait plus particulièrement mon imaginaire. Des années durant, en passant devant, j'avais reconstruit son histoire m'imaginant que son nom était du au passage du roi Louis XVI lors de sa fuite vers Varennes, m'interrogeant vainement sur l'origine du calvaire et pensant que la guerre, cette ennemie de toujours avait détruit à tout jamais cet ancien monde.

 

Aujourd'hui je connais la vérité : cet endroit devait tout simplement son nom à la ville de Paris qui imposait ses standards à cette verrerie, le calvaire avait été dressé là, par la famille des verriers et à la frontière de leur domaine pour honorer les membres de leur famille morts pendant la guerre 14-18. Quant à la disparition des verreries, elle était surtout due à des impératifs économiques variant à travers les siècles.
 

verriers_d_argonne

 

Leur déclin commença à partir de la seconde moitié du XIVe siècle en raison notamment d'épidémies et de guerres. Les deux siècles qui suivirent furent pour elles une période d'accalmie. On aurait put croire qu'au XVIIe  siècle les verreries allaient prendre un nouvel essor. Louis XIV favorise les verriers étrangers, impose un monopole, les verriers argonnais doivent abandonner le verre fin. Mais  à la fin de cette période, Don Pérignon natif de Sainte-Menehould et figure emblématique de l'Argonne avait mis au point la finalisation de la vinification du Champagne. Nos verriers développèrent donc la fameuse bouteille au verre noir et épais, celle qui pouvait résister à la gigantesque pression des petites bulles. (1)
 

bouteille

 

Grâce à cette manne, les siècles qui suivirent auraient du apporter en toute logique la prospérité. Il en fut tout autrement. Au XVIIIe siècle, le roi estimant que ses propres verreries étaient menacées imposa des taxes lourdes au reste du royaume. Puis, ce fut la révolution, l'Argonne paya un lourd tribut. Au XIXe siècle le progrès assena le coup fatal. Les verriers d'Argonne s'étaient spécialisés dans les bouteilles et les cloches de jardin mais leur travail était artisanal et lié aux aléas du temps : mauvaises vendanges, mauvaises ventes. Les fours fonctionnaient au charbon de bois. La houille apparut, elle se transportait facilement et permettait une meilleure productivité : et pour survivre, il fallait produire, se diversifier et vendre, il fallait se moderniser. Pour des raisons de rentabilité, les verriers désertèrent en masse l'Argonne et se mirent à exporter leur savoir-faire là où il avait une valeur marchande, c'est à dire autour des grandes villes et à l'étranger. La dernière verrerie d'Argonne, celle des Islettes s'éteignit en 1936. Ce fut la fin d'une tradition longue de 16 siècles.

Parfois, je me prends à rêver que les verreries redémarrent.... j'aurais tant aimé les voir, les côtoyer.... Mais revenons à notre histoire, je me suis un peu égarée.....

 

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Je disais donc qu'en Argonne, on avait les tonneaux, les bouteilles oui, oui, car les bouteilles à Champagne et celles à cidre, ce sont les mêmes, on remplace juste le bouchon en liège par un bouchon à cannette en porcelaine.

En dernier, il y avait les vergers qui sont toujours là. Il y en a beaucoup moins aujourd'hui. Ils prirent un sacré coup de vieux lorsqu'on décréta qu'il en était fini du droit de bouilleur de cru. Quelle eut été l'utilité de cultiver des fruits qu'on aurait pas pu écouler de toute façon !

 

verger_lorrain

 

Mon grand-père affirmait que pour faire un bon cidre, il fallait deux tiers ou trois quarts de pommes à cidre et le reste en pommes à couteaux. Entendez par pommes à couteau, les pommes que l'on mange ainsi en croquant dedans ou qui garnissent, tarte, gâteaux ou autres. Chez nous c'était : Rambour, Réau (autre nom : reyau,  royaux ou croquet), Jean Tondeur, Belle-fleur, Reine de reinette....

Pommes_a_couteaux

 

Les pommes devaient être parées. On guettait donc avec un couteau l'instant ou les pépins noirs nous indiqueraient que la pomme était mure. A ce moment la, la cueillette pouvait commencer.
 

cueillette

motoculteur

cueillette2

les pommes étaient entreposées en attendant qu'elles revêtent leur robe d'hiver, la robe définitive. Pour avoir du bon cidre, il valait mieux avoir des pommes à l'époque de maturité identique.

 

Début novembre ou mi-novembre selon les années, nous nous rassemblions selon les impératifs de chacun et le travail d'extraction du jus pouvait commencer. Le pressoir et le broyeur avaient été nettoyé à coup d'eau et de brosses par les hommes de la maison. Femmes, enfants, mettaient les pommes dans des seaux en triant pommes pourries et véreuses.

Tri_des_pommes

 

Les hommes versaient le seau dans le broyeur,
 

le_broyeur

 

la chair était récupérée puis versée dans le pressoir. Lorsque le pressoir était plein, on ajoutait dessus les grosses planches puis ensemble on tournait une manivelle pour extraire le jus.
 

pressoir

autour du pressoir

 

C'était un instant magique, attendu de tous. On encerclait alors le pressoir attendant chacun notre tour le premier verre de ce divin jus. Au diable l'hygiène, fi des quelques taches de pourriture sur certaines pommes ou du risque de quelques vers, nous n'étions pas des professionnels... vive la nature et que c'était bon ! Jamais de coliques, jamais de maladies.

la_dégustation_du_cidre

 

Le jus était ensuite versé dans un tonneau qui devait être rempli à ras-bord et ne pas être bouché. Le reste du jus était embouteillé. Ma mère le pasteurisait alors dans une grande étuveuse en montant les bouteilles à température de 75°. Ca nous aidait à patienter en attendant le cidre et puis, c'était si bon pour les enfants.

Le tonneau descendu à la cave faisait l'objet de toutes nos attentions. La fermentation commencée, une mousse noirâtre et crasseuse remontait à la surface pour retomber sur le sol chassant par la même occasion toutes les impuretés. Tous les jours, il fallait compléter le tonneau avec un peu de jus conservé afin de permettre un dégorgement continu. Et puis, un jour, la mousse devenait blanche, il était temps de passer à l'étape suivante : le tonneau était transvasé dans un autre tonneau à l'aide d'un tuyau en évitant soigneusement la lie chassant ainsi définitivement les impuretés. Un anti-ferment acheté en pharmacie était ajouté et permettait ainsi de stabiliser le liquide. Nous aimions le cidre doux. Le tonneau était rebouché soigneusement en chassant totalement l'air, ennemi mortel du cidre.

Le cidre n'avait plus besoin de nous, le temps étaient aux préparatifs de Noël.

 

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Fin janvier, mi-février, ma mère descendait à la cave pour le goûter. Si le breuvage était bon, il était temps de le soutirer mais il fallait attendre un temps clair beau et froid sinon le breuvage risquait d'être trouble. (Question de pression atmosphérique et non adage farfelu !). Les bouteilles utilisées étaient celles de notre cousin limonadier et lorsqu'on en avait plus, on utilisait de vieilles bouteilles de Champagne sur laquelle on adaptait un bouchon à canettes.

bouchon

 

Le charcutier nous avait dit que le bouchon devait être dans le cidre, pas d'air entre lui et le liquide. Laisser de l'air risquait tout simplement d'entraîner l'explosion de la bouteille : nous avons toujours appliqué ce principe et avec succès.

Le cidre était inégal selon les années : parfois très bon, parfois très mauvais. Ca dépendait en fait beaucoup de la récolte de pommes. Mais ce que je peux vous dire c'est que depuis, je n'ai jamais goûté un cidre chargé aussi émotionnellement que celui-ci : le plaisir d'ouvrir la première bouteille et de savoir à quoi cette année, il ressemblerait !


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NB : ces quelques lignes font appel uniquement à ma mémoire et celle de ma mère,  je pense qu'il est préférable que les personnes qui souhaitent se lancer dans l'aventure du cidre de se rapprochent de spécialistes encore en activité afin de ne pas avoir de vilaines surprises à l'arrivée.....


(1)  toutefois en concurrence avec les Anglais parce que John Colenet et Henry Holden avaient déposé un premier brevet quelques années plus tôt pour une bouteille cylindrique, à épaisseur régulière et au col allongé.


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Extrait de "La chanoinesse (1789-1793)" - André Theuriet (1833-1907)

"La verrerie du four-aux-moines, appartenant à Mme Gertrude de St André, était située un peu en amont de La Chalade, à la lisière du bois et à l'entrée de la gorge des sept-fontaines....

La verrerie aujourd'hui détruite, comprenait dix ouvreaux ou fours. Elle était alors en pleine prospérité. On y fabriquait des bouteilles à vin de Champagne et des cloches de jardin. Quand on avait traversé une large cour herbeuse, semée ça et là de crasses de verre, on se trouvait en face de la maison d'habitation......

chateau_four_de_paris

....les pièces principales ouvraient sur un jardin à la française plein de fleurs vivaces aux couleurs réjouissantes. Au delà, on apercevait les champs dépendant du Four-aux-Moines, qui, à la belle saison, déroulaient jusqu'à l'orée du bois leurs carrés de seigle ou de blé, leurs luzernes violettes et leurs colzas d'un jaune d'or.....

...lorsque les ouvreaux chômaient, elle ne dédaignait pas de s'occuper de la culture de ses terres et plus d'une fois, au moment des semailles, on l'avait vue, enfonçant ses lourdes bottes dans la terre grasse des labours, pousser elle-même la charrue et tracer un sillon aussi droit que le plus fin des agriculteurs.

Petite précision pour les argonnais : le four aux moines est un lieu différent du four de Paris et près de La Chalade.

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Sources :

Mémoire et archives familiales

Les fours à verre d'Argonne

http://www.champagne-giraud.com/style4.php
http://www.champagne-giraud.com/actualites.php?lang=fr&page=actu&id_actu=126&prov=arch
Famille De Bigault
Famille Collard
La Gaize et la Glaise
Histoire du Champagne
Une autre histoire de famille : Guy.de.Finances et de verriers

 

 

 

André Theuriet :  André Theuriet est un des seuls écrivains, Lorrain et académicien de surcroit, à avoir raconté l'Argonne notamment dans le roman la chanoinesse qui relate la période 1789-1793 et le passage de Louis XVI à Varennes. Ces romans sont téléchargeables sur Gallica (site numérique de la Bibliothèque de France).
La chanoinesse
Gertrude et Véronique


Pommiers à cidre
Patrimoine fruitier lorrain

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Le canard

Mercredi 23 Mai 2007, 12:07 GMT+2par Eglantine
Des histoires de canard, beaucoup de personnes en ont le souvenir, vous savez ce canard à qui l'on tranche la tête et qui continue à courir dans la basse-cour. Cette histoire je l'ai vécue. Ce fut d'ailleurs la seule fois où nous mangeâmes un canard dans la ferme. L'affaire nous avait un tantinet refroidis : la tête fut tranchée sur un billot de bois :  le volatile se soulève, bat des ailes sur quelques mètres, se met sur ses pattes, traverse en courant la cour et quelques minutes plus tard s'affaisse enfin vaincu.... une image très impressionnante et effrayante pour l'enfant que j'étais.

Aujourd'hui je vais vous conter une histoire somme toute beaucoup plus plaisante.

Pendant la guerre, il était difficile de trouver de la bonne nourriture et encore plus du poisson surtout lorsqu'on habitait dans une petite ville de lorraine, Bar-le-Duc. Mes grands-parents étaient des catholiques très pratiquants et le vendredi était une affaire sérieuse : interdiction de manger de la viande mais.... on pouvait manger du gibier d'eau, nuance subtile.

Mon père qui était un homme bon se dit que ce jour là, il serait bon d'emmener à sa promise un nourriture qui aurait l'agrément de sa future belle famille. La viande était si difficile à trouver. Au diable les conventions, pour une fois le canard de la ferme conviendrait. On dirait qu'il venait de l'étang, y'en a tellement dans la région. L'affaire ne devait pas être ébruité sinon le canard resterait.


Mon père réfugié à ce moment là dans sa forêt  pris quelques jours de liberté pour se rendre dans la ville barroise et franchir les quelques 60 km qui séparait les deux communes sur un petit vélo.

Le canard fut très bien accueilli et entreposé soigneusement jusqu'au vendredi. De l'avis général, il fut dévoré avec plaisir et à ce qu'on raconte, il était particulièrement délicieux.

Mon père facétieux ne put s'empêcher de révéler son forfait dès la fin du repas. Il se fit sévèrement tancer mais cela dura peu de temps et se termina finalement en larges éclats de rire. Après tout, ils l'avaient mangé en toute bonne foi ce canard, il n'y avait donc pas péché. Seul le généreux donateur était coupable et le très haut était certainement clément... Et puis aujourd'hui encore, cette farce qui alimente les banquets familiaux. fait notre bonheur. Il en faut peu parfois pour être heureux.

Je ne sais pas à quelle sauce il fut cuisiné, la seule assurance que je peux vous donner c'est que mon prochain post sera  "le canard au vinaigre framboisé".
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Le voyage en Alsace

Mercredi 17 Janvier 2007, 12:48 GMT+2par Eglantine
la_petite_france Ma vision de ce voyage est assez floue. Je devais avoir 5 ans, peut-être 6. Parfois, on a besoin de remonter à ses sources et ce fut cette année là pour mon père. Il avait décidé de nous faire connaître non seulement la petite France, mais aussi ce petit coin de France, l’Alsace où il avait vécu de si belles années juste avant la guerre. Il en avait de merveilleux souvenirs et quand il en parlait, c’était toujours avec beaucoup de bonheur.
 
C’est sa sœur aînée qui l’avait entraîné loin de ses racines argonnaises. Fraîchement mariée avec un militaire souvent absent, elle s’ennuyait ferme dans la grande ville de Strasbourg. Alors, elle avait glissé dans le creux de l’oreille de ma grand-mère qu’il serait bien pour tout le monde que mon père aille à l’école supérieure et  ait un métier. L’agriculture ne payait pas tant que ça et puis de toute façon, ils étaient nombreux à la ferme et les terres ne suffiraient pas à tous, d’ailleurs cet enfant était un rêveur, il n’avait pas l’âme d’un paysan. Ma grand-mère était ravie à l’idée de voir son rejeton avoir enfin un vrai métier et mon père était enchanté à l’idée d’échapper à l’autorité qu’il jugeait excessive de mon grand-père. Adieu, veaux, vaches, cochons….  il allait enfin pouvoir découvrir le vaste monde. La ville, c’est quand même plus marrant que les travaux de la ferme. Et, comme ça arrangeait tout le monde, l’affaire fut entendue.
 
Outre l’apprentissage d’un métier, celui d’ajusteur dans la maison Holweg spécialisée alors dans la confection et l'impression de sacs en cellophane (1) et qui disparaîtra avec la guerre,

maison_holweg

biscuits de luxe

cafe

missive_charmante

mon père découvrit à Strasbourg d’autres horizons jusqu’alors inaccessibles dans sa campagne : des ballades extraordinaires, la vie et les sorties en bande, les excursions en canoë, l’apprentissage de la musique et notamment de l’accordéon diatonique, caccordeon_diatoniquee même accordéon qui rythmera tous les instants importants de notre vie. Les institutions religieuses avaient à cette époque là une part importante dans la vie des jeunes. Il ne faut pas croire ce qu’on vous dit, ce n’était pas tous de vilains jojos pédophiles, non parmi eux, il y avait aussi des hommes extraordinaires. C’est ce que m’a toujours dit mon père.
 
Encore une fois la vilaine guerre qui se profilait à l’horizon obligea mon père à quitter ce petit coin de paradis sinon de son aveu même, il serait resté là bas. Notez bien que sans cela nous ne nous serions pas  connus, il n’aurait pas rencontré ma mère et je ne serais sûrement pas là entrain de divaguer avec vous.
 
voitureA cette époque nous avions une vieille voiture, une Salmson qu’un oncle généreux nous avait vendue à un prix abordable pour une famille de notre milieu.  C’était une voiture de luxe, unique,  achetée  au grand salon automobile de Paris. Elle était moderne : une boîte de vitesse semi-automatique, 4 vitesses arrière, 4 vitesses avant, pas besoin de débrayer. Ca fait rêver non ! Bien évidemment, elle était la fierté de notre famille. Pensez donc, une Salmson dans un petit village reculé d’Argonne, c’est comme une Ferrari dans mon petit village du Nord : ça se remarque.
 
Le voyage risquait d’être onéreux : quelques aménagements s’imposaient. La voiture consommait énormément et l’essence coûtait cher. Mon père entreprit donc de la modifier pour lui permettre de rouler au gasoil beaucoup plus économique. C’est ainsi que la Salmson devint une voiture bi-carburant, et comme elle était bi-carburant, forcément elle était aussi  bi-carburateur et bi-réservoir : vous me suivez ? L’essence était stockée dans un jerricane hébergé dans le coffre de la voiture. Elle était essentielle au démarrage de la voiture. Dans un premier temps, une pompe à vélo assurait l’arrivée au moteur nous obligeant ainsi à nous arrêter toutes les dix minutes pour pomper jusqu’à ce que le moteur soit chaud. Très vite ce procédé archaïque et fastidieux fut remplacé par une pompe électrique. La voiture chaude, c’est le gasoil stocké dans le réservoir normal qui prenait la relève grâce à un prodigieux système de bascule assurée par une non moins ingénieuse manette.  Dans les descentes, nous coupions le moteur afin d’économiser l’énergie et en plaine, nous collions les véhicules lourds afin d’éviter la pression du vent. Je ne vous dis pas la tête du pompiste lorsque nous allions nous ravitailler en carburant !
 
Le véhicule ne nous servait pas qu’à rouler. On y dormait aussi. La nuit venue, un dispositif permettait de transformer les sièges en banquette. Nous étions six : les parents et la fratrie complète lors de ce voyage. C’était un peu étroit pour dormir alors la nuit, pour la bonne cause nous nous séparions et comme on était encore à une époque où il y avait de bonnes mœurs, les garçons dormaient dans la voiture et les filles cherchaient de petits hôtels ou squattaient les institutions religieuses. C’est ainsi que j’eus l’honneur de passer une nuit accueillie par les sœurs du Mont St Odile. Elle est pas belle la vie !

sainte_odile
 
Et puis il fallait manger aussi. Mon père avait remplacé l’oxygène d’une bouteille de soudeur par du gaz. Ne me demandez pas comment, je sais seulement que c'était très compliqué. Ce que je peux vous dire, c'est qu’il avait devancé, avant l’heure, la petite bouteille bleue de la firme camping-gaz.
 
Je récapitule : voiture bi-carburant, économie d’énergie, camping car aménagé, butagaz : n’étions nous pas en avance de quelques années ?
 
Cette histoire aurait pu se terminer mal. Après avoir vu différentes villes dont Ribeauvillé, Riquewihr, le Mont St Odile…. En montant vers le Haut Koenigsburg la voiture eut un violent coup de chaud. Lorsque mon père voulut vérifier le niveau du radiateur, un magnifique Jeyser en jaillit. Depuis, nous savons que c’est un geste à ne pas faire. Fort heureusement, il put éviter ce jet mais le peu d’eau restant disparut. Croyez moi à cette époque au Haut Koenigsburg, l’eau était rare. Un généreux guide face à notre désarroi réussit à nous en procurer un broc.  Nous étions là pour visiter le château, nous le visitâmes. Evidemment, la voiture refusa de repartir.
 
Les dieux étaient avec nous. Nous étions fort heureusement en haut d’une longue pente. Fidèle à son esprit pratique, mon père plaça la voiture en haut de la côte et, moteur éteint, le véhicule dévala lentement la descente pour s’arrêter  quelques kilomètres plus loin juste devant un garage à l’entrée de Sélestat. La vie vous fait parfois de jolis clins d’œil. Le garagiste changea le joint de culasse mais certainement déphasé par l’étrange moteur de l’engin le monta à l’envers. Nous pûmes rentrer sains et saufs mais un peu plus tôt et un peu moins riches que ce qu’on espérait. La réparation coûta la fin du voyage… Cependant avant de repartir, nous visitâmes encore Strasbourg,  mais dûmes cependant renoncer à voir la forêt noire. Nous pensions passer la dernière nuit dans le cinéma permanent que mon père avait connu avant la guerre, hélas : celui-ci n’existait plus. De plus, les hôtels bons marchés étaient bondés à cause d’un festival international.   Nous passâmes donc la dernière nuit tous ensemble blottis les uns contre les autres et solidaires dans le véhicule.
colombage_avant colombage

 
A notre retour mon père remis le joint de culasse à l’endroit, le moteur en l’état initial. La voiture roula encore de nombreuses années mais l’idée du gasoil fut abandonnée. La voiture qui serait aujourd’hui une belle voiture de collection termina sa vie à la lisière d’une forêt entre les champignons et les pommes sans sa boîte de vitesse. Ce fut un brocanteur de passage qui racheta à mon père cette dernière pièce.…. Elle méritait bien un peu de repos non….
 
Quelques années plus tard, nous repartîmes en Alsace dans des conditions beaucoup plus normales pour terminer le voyage prématurément interrompu.

devant_la_cathedrale cathedrale_strasbourg

 
Aujourd’hui, Les souvenirs que j’ai de ce voyage sont assez fuyants mais je sais que depuis j’ai une vision bien à moi de cette contrée : certes, je n’aime toujours pas la choucroute bien qu’on ait constamment essayé de m’en faire manger mais les cigognes ont pour moi quelque chose de magique, les maisons à colombages me fascinent, et aujourd’hui encore, le tic-tac et le carillon de la fabuleuse horloge astronomique de la grande cathédrale de Strasbourg résonnent dans ma tête. Si bien qu’à notre tour, il y a quelques années de cela avec ma fille, nous refîmes un peu comme on fait un pèlerinage, une troisième fois ce voyage. J’ai revu et toujours avec le même plaisir la grande horloge. Elle ne me laisse pas indifférente et je me plais à penser qu’elle a un peu de magie. Quand on est enfant, ce genre de souvenirs vous marque à jamais….

horloge_astronomique_strasbourg
 
De tout ça, j’ai gardé le goût des voyages bohèmes et la volonté de réaliser certains de mes rêves. Moi-même quelques années plus tard j’entrepris des voyages dans des conditions à peu près similaires à ce que j’avais vécu….
 
Allez, bientôt une recette alsacienne…
 
NB : Merci à ma famille et notamment à mon frère de m’avoir prêté leurs souvenir pour réaliser cet article. Sans eux, je crois que ça n’aurait pas été possible.
Pour les curieux, je suis sur une des photos, c'est facile à deviner. Non, non, je n'ai pas beaucoup changé....

(1) Après quelques recherches sur Internet, j'ai constaté que la maison Holweg s'est recréé en 1993 et réside toujours en Alsace à Molsheim. 
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Les sangliers

Jeudi 19 Octobre 2006, 11:50 GMT+2par Eglantine
http://leplacard-d-elle.mabulle.com/index.php/2006/10/19/73267-les-sangliers
J'avais toujours cru que les sangliers, c'était des histoires. J'en ai jamais vu dans la forêt, alors pourquoi ils existeraient. C'est comme les loups les sangliers. Ca fait peur mais c'est dans l'imaginaire. Y'en avait juste dans les parcs et sur les dessins de Michel  notre voisin : quand j'entrais dans sa maison, j'étais au milieu de la forêt et des bêtes, y'avait que ça sur les murs. Jusqu'au jour où mon père m'a raconté ce qui suit : .

sangliers

Pendant la guerre alors qu'il soudait dans une usine de la Meuse, les allemands vinrent en lui annonçant qu'il avait gagné un séjour à l'île d'Oléron tous frais payés avec en prime sa participation à l'élaboration d'un monument historique, le mur de l'Atlantique. Ah non, vous n'avez pas compris, il n'allait pas faire un film avec Bourvil, c'eut été trop drôle,  non, il devait participer à la construction des fameux Blockhaus. C'est une habitude dans l'histoire, de tous temps les gouvernements construisent des murs, des murs et encore des murs.... Comme si les murs réglaient les problèmes....

Les allemands n'étaient pas franchement désagréables avec lui mais c'était somme toute des occupants et ça commençait à sentir le roussi près des côtes. N'entendait-on pas les rumeurs d'un débarquement ? Un beau jour, mon père eut une permission. Quelle aubaine pour s'enfuir ! En y réfléchissant bien, ne pas revenir c'était sanctionner les copains. Etant de nature sentimental, il échafauda un autre plan et mit à profit sa permission pour fabriquer une deuxième permission qui lui permettrait de s'évader. Ca sert à tout le bricolage....

Après ses quelques jours de liberté, il revint donc dans son camp. Puis, grâce à un sympathique maraîcher résistant qui lui avait filé une blouse de maraîcher normal, il refit  le sens inverse de son parcours, reprit le bateau, une fois débarqué retira sa blouse, prit le bus, le train, puis revint dans son cher pays natal. Sa fausse permission lui permit tout simplement de passer les contrôles multiples liés à l'occupation.

Mais voilà, l'ennemi n'avait guère le sens de l'humour. Il n'avait pas apprécié la farce et voulait le lui faire savoir.  Il devait  se cacher. Il y avait bien la grange dans laquelle il avait creusé des galeries entre les bottes de paille mais ce n'était pas suffisant.trancheesLes allemands étaient des gens curieux. Quoi de mieux que les bois pour bâtir son nid,  au milieu des arbres et des animaux. C'est au fond de la profonde forêt dans un lieu appelé Plaisance qu'il construisit son refuge : une cache en rondins et en feuillage au milieu d'une tranchée laissée par la précédente guerre , celle de 14-18 (pour une fois que ça sert une guerre).

Quand un jour  je lui demandai s'il n'avait pas eu froid, il me répondit : "ben non, dans la forêt y'a du bois pour se chauffer,  j'avais un lit c'était confortable". Alors, je lui dis : "mais t'as pas eu faim". "Non me répondit t'il " mes copains posaient des collets et je mangeais du sanglier tous les jours,  y'avait plus de chasseurs, c'était interdit  et qu'est ce qu'il y en avait des sangliers. Y'avait des sangliers et des chevreuils en pagaille. Un soir de nouvel an, on a du en retirer des collets. On pouvait pas tout manger." 

Evidemment, tout le village savait qu'il était là, mais voyez vous les gens en Argonne, ils causent pas beaucoup, surtout aux étrangers (ce sont surement des descendants du fier village d'Astérix et Obélix), et dans ces moments la, c'est drôlement bien. Les gaulois donc  lui filaient des tickets de rationnement et de la nourriture, la police menait de fausses enquêtes pour les romains... Je m'égare.... nous sommes en Argonne.... Ce n'était pas tous les jours aussi sympa, malheureusement. C'était la guerre quand même et parfois, il y eut des rafles à l'issue dramatique telle celle de ce résistant qui émettait sur les ondes et qui  fut fusillé. Mon père était au milieu des maquisards mais à ce moment là,  il ne le savait pas.

R3. mon père était entouré de deux anges gardiens eux aussi appelés R1 et R2. Les 3 R. formaient une sacrée équipe. 2 d'entre eux fricotaient avec les allemands et se tenaient ainsi au courant de toutes les nouvelles. Puis ils en informaient illico presto leurs copains. C'est comme ça que mon père échappa aux raffles. Tiens par exemple, un jour les allemands eurent envie d'aller à la chasse.Comme s'ils ne tiraient pas assez dans la vraie vie...   Les quatre oreilles prirent en main l'affaire et s'arrangèrent pour que la chasse ne passe pas sur le terrain privé de leur pote R3. Quoi de mieux pour les étrangers qu'un guide local. Tout le monde est gagnant !

Dans ces moments la, il faut survivre. Ensemble les 3R avaient monté une distillerie clandestine du nom de Fort Chabrol. Les 2 R amenaient dans la forêt le jus des pommes  (ça manque pas les pommes dans mon village) qu'ils avaient au préalable fait fermenter dans de grandes cuves clandestines en béton. R n° 3 distillait ce jus avec son alambic qu'il avait fabriqué de façon artisanale. Les 2 R. écoulaient la marchandise à l'ennemi. C'était mieux, croyez moi, car figurez vous qu'un jour mon père me confia un sourire au coin des lèvres : "Qu'est ce qu'elle était mauvaise la gnole, on distillait avec du fer, pas avec du cuivre, ils ont eu de la chance les allemands...."

Tout ça, ça a une fin et c'est beaucoup mieux comme ça. Le débarquement annoncé arriva mais pas là ou on l'attendait. Mon père s'engagea mais n'eut pas à combattre car l'ennemi fuyait. Toute sa classe avait été exemptée mais lui, suite à son engagement dût rester 14 mois et c'est dans un arsenal qu'il finit son service militaire. Ce qu'il retint, ce ne fut pas le goût des armes, non c'était les techniques du bricolage. Je vous en ai déjà parlé je crois....

foret

Bien plus tard, il y eut un parc à sanglier pas loin de là ou j'habitais. Tous les ans nous allions les voir. Il fallait prendre un long chemin à travers la forêt et c'était un vrai plaisir. Ils étaient en semi-liberté. Et puis un jour, le parc a fermé. Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus mais je les ai beaucoup regrettés. J'ai bien essayé de faire des photos de leurs cousins les phacochères en Afrique. Mais pas de chance, soit l'appareil photo était en panne soit ils se sauvaient. Peut-être qu'ils connaissaient cette histoire ! En tout cas y'aura pas de recette de sanglier mais peut-être qu'un jour...  Par contre avec les pommes et la gnole, je peux faire quelque chose...

sangliers_ardennes

Si vous voulez voir de jolis sangliers dans leur milieu naturel,
cliquez sur cette image prêtée par un passionné.

Suite sur le prochain billet.......

PS : Attention aux tiques dans la forêt !!!!!!!!!! Ce sont vraiment de vilaines bêtes.

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Mon père, ce bricolo...

Lundi 2 Octobre 2006, 11:43 GMT+2par Eglantine
http://leplacard-d-elle.mabulle.com/index.php/2006/04/26/46124-mon-pere
Mon père était un génie du bricolage. Ses premières réalisations remontent bien avant mam naissance. Pendant la guerre, caché dans la forêt parce qu'il avait fuit le STO (service du travail obligatoire) il avait fabriqué l'alambic qui lui avait permis de survivre en faisant de la gnole infâme que ses camarades résistants revendaient aux allemands. Ensuite, faute de moyens, à partir d'une pièce de monnaie, il avait fabriqué une bague qu'il offrit à ma mère pour lui prouver son amour. Et toute sa vie, ce fut ainsi. Il récupérait des moteurs (machine à laver, voiture....) pour leur donner une deuxième vie. Au fil des ans, autour de la maison, s'accumulèrent des machines extraordinaires qui servaient soit à labourer le jardin, soit à transporter de la paille, soit à scier du bois....



l
d
g

k



bIl fabriquait tout ce dont il avait besoin : des rateaux, des échelles, des tuteurs de tomate, des échasses mais aussi l'agrandisseur  photo,  la table de ping-pong. Il y eut des réalisations prestigieuses, notamment une scierie qui servira à faire des planchers, des lambris, des poutres, des meubles et autres objets en bois...  Pour les petits enfants, il y eut le cheval de bois, le petit train...


Il fabriquait mais il transformait aussi et rien ne pouvait l'arrêter.  Son appareil photo à aplaque fut transformé en appareil photo à film, sa voiture électrique zdevint une voiture à essence. Eh oui, la voiture électrique n'est pas du tout une invention moderne. Elle existe depuis déjà quelques années. C'est pas tendance cette transformation,  mais la cohabitation de deux grosses batteries avec 4 mouflets, c'était pas possible, les batteries trop grosses prenaient toute la place. Bien entendu, la voiture avait été avalisée par les mines. Et puis,  Il y eut aussi la  voiture à essence transformée en voiture à gasoil, mais ça c'est une histoire que je vous réserve pour plus tard...........

Grâce à lui, nous pouvons nous vanter d'être une des premiers foyers ouvriers qui ait accédé au confort moderne parmi notre entourage. Lorsque Hoover lança sa première machine à laver en France, il étudia le modèle que possédait une de ses connaissances et avec une bande de copains recopia à l'identique la machine. Une dizaine de foyers purent ainsi profiter de cet équipement. Il y avait au dessus deux énormes rouleaux qu'on tournait à l'aide d'une manivelle et dans lequel on coincait le linge pour l'essorage. Je n'ai malheureusement pas de photos de cette machine et ça semble difficile à trouver.

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Mais le plus extraordinaire, ce fut sans conteste notre premier chauffage central. Un jour au fond du salon surgit une énorme fusée qui semblait vouloir décoller. Ca ne ressemblait à rien de connu jusque là si ce n'est les fusées envoyées dans l'espace. Cétait l'époque d'Apollo, peut-être s'en est il inspiré.  Cette fusée, était cerclée d'un horrible grillage qui servait juste à donner de la distance avec le corps pour qu'on ne se brûle pas. Ca marchait au fuel. C'était surmonté d'une grosse cheminée qui pointait vers le haut dans la chambre de l'étage supérieure. On avait troué le plafond pour faire monter ce tuyau. Et ce tuyau envoyait de l'air pulsé. Ce tuyau m'a longtemps intrigué car pour moi un tuyau, ca envoie de la fumée ! Le débit n'était pas suffisant alors il avait utilisé un moteur de mécano (jouet d'enfant de l'époque) pour en augmenter l'efficacité. Ca ne chauffait que deux pièces, mais ça marchait plutôt bien. Le verre d'eau du soir ne se transformait plus en glace... Evidemment, tout ça, ça fonctionnait avec le bois de la forêt voisine.

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Le génie créatif de ma mère excellait plutôt dans la cuisine et le jardin. Avec très peu de matière, elle savait faire beaucoup, elle était reine dans la fabrication de bonbons, petits gateaux, crèmes et autres douceurs à quatre sous mais excellentes, mais aussi dans l'art de la cochonaille (dont je n'ai absolument pas hérité) et de la confiture. Dans le jardin, y'avait absolument tout ce qui pouvait nous permettre de survivre une année entière : pommes de terre, poireaux, petit-pois, tomates, rhubarbe, groseilles, cassis, haricots de toutes sortes, salade, radis, persil, cornichons, oignons, ail..., la viande était élevée dans notre cour, les oeufs ramassés sur la paille et le reste on allait le chercher chez le voisin (lait, beurre et crème), dans le verger (poires, pommes, cerises douces et aigres, mirabelles, reine-claude, quetsches, noix) ou dans les bois (noisettes, champignons, mures, framboises, fraises....)

Alors, après ça, étonnez vous que pour faire de la cuisine, je bricole. Ce n'est rien à côté de ce que j'ai vu. Et puis, un jour j'ai récupéré ca. Allez, à votre avis qu'est ce que c'est...

moule


Bon, c'est trop facile, je vous l'accorde. Je vous en dirais plus dans mon prochain post !
Mais en attendant, je vous invite à lire le petit épilogue qui suit :





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Une semaine à la campagne

Lundi 25 Septembre 2006, 11:41 GMT+2par Eglantine
Façon Penglobe

tresor

Le trésor

lebutin

Le butin

petitscepes

Les plus petits pour la fricassée

groscepes

Les plus gros pour la soupe

girolles

Certainement une bonne omelette....

amanites

L'amanite : attention, faites toujours vérifier votre cueillette. En cas d'erreur, ce champignon peut être mortel.

potage

Velouté de cêpes

piedsrouges

Poellée de pieds rouges

omelettegirolles

Omelette aux girolles
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Le foin et la paille

Mercredi 26 Juillet 2006, 10:52 GMT+2par Eglantine
http://leplacard-d-elle.mabulle.com/index.php/2006/07/26/60707-le-foin-et-la-paille
La période des foins et des moissons est une période particulièrement chère à mon coeur. Ce week-end encore je me suis laissée prendre par la féérie de ces champs si extraordinaires à cette saison et dont  lilo a su si bien faire ressortir toute la poésie.

foin1

Qui ne connait l'odeur du foin et de la paille. Des champs se dégageait après la coupe une odeur à nulle autre comparable.

champs2
Il y avait les champs de foin et les champs de paille. Fouler les champs de foins était un vrai plaisir. Je pouvais  observer de longues heures les parents retournant ce foin. Je ne m'en lassais pas cherchant la fleur séchée que je pourrais mettre dans un vase  ou autres trouvailles extraordinaires. Lorsqu'il était sec mes parents ramassaient à la fourche ce foin et l'entassaient dans une petite charrette. Mon travail à moi, c'était de m'asseoir sur ce tas et de le tasser au fur et à mesure de l'arrivée des  fourches. Quel plaisir,  c'était un bonheur indescriptible . Comme dans un manège petit à petit nous nous élevions puis une fois tout en haut, cahin caha et cahotant, nous reprenions le chemin de la maison essayant tel un funambule de garder notre équilibre en haut de cette montagne. La route n'était pas longue, la hauteur était relative et la vitesse très lente. Nous ne risquions pas grand chose.

champs1


Figurez vous qu'alors que je vous raconte ça,  l'odeur chatouille mes narines, le foin frôle mes jambes et pourtant, autour de moi, pas de champ. On n'oublie jamais ces instants.


foin3


La période des foins n'était pas très longue. Alors très vite, nous courions chez le cousin voisin pour l'aider dans ses travaux de moisson. Il possédait des engins diaboliques et fumant capables de séparer le grain de la paille. Le grain était battu séparément après le retour à la maison. C'était un travail exténuant et très mauvais pour les bronches des ouvriers. Dans ma tête beaucoup d'images et de sons.

Restait, une fois le forfait accompli la paille sur le champ. La paille servait notamment à faire la litière pour les bêtes dans les écuries.  Les agriculteurs avaient besoin de petites mains pour ramasser cette paille et les petites mains, c'était les enfants tout simplement parce qu'un enfant, derrière un tracteur, dans les champs, au soleil et au milieu des blés, il est heureux et ne se rend même pas compte qu'il travaille.

On revenait donc dans les champs avec un tracteur et une presse ou botteleuse. Cette machine n'était pas aussi perfectionnée que les machines actuelles qui laissent sur place d'énormes rouleaux. De chaque côté, il y avait comme deux plaques d'aciers qui ressemblaient à des sièges. Sous ces sièges se trouvaient de gros rouleaux de ficelles. C'était le fauteuil des petites mains. Au centre la balle ou botte glissait. Les petites mains devaient surveiller la ficelle et refaire le noeud s'il était défait.  A la fin du travail, elles avaient droit à un excellent morceau de pain accompagné de fromage ou de saucisson. Le vin c'était pour les adultes.... Pas d'autre récompense. Notre récompense, c'était finalement l'honneur d'être sur le tracteur et d'être le maître des balles.

foin

Quelques jours plus tard on repartait dans les champs cette fois ci avec un tracteur et une gigantesque remorque pour aller chercher les bottes laissées sur place. Trop frêles, nous étions seulement spectateurs et quel spectacle ! Il fallait être fort pour envoyer les balles en haut du chariot. Nos cousins nous faisaient systématiquement une démonstration de leur force. Parfois, lorsque les champs étaient bien situés, nous avions le droit de monter en haut de l'édifice. C'était très impressionnant et certainement très dangereux. Le retour était toujours très lent et délicat, le chariot ne devait pas basculer. Il fallait une échelle pour descendre ou attendre que la paille soit déchargée. Fort heureusement mes cousins étaient habiles et il n'y eut jamais d'accident.

Lorsque les machines se sont perfectionnées nous n'avons plus suivi les tracteurs. C'était mieux pour les adultes beaucoup moins rigolo pour les enfants. Je ne suis plus allée faire les moissons depuis. Je n'ai pas de photo non plus parce que malheureusement on ne savait pas alors que ces instants d'éternité avait une fin.

Blé, orge et avoine étaient réservés au bétail. Je pensais que les humains n'en  mangeaient pas hormis la farine. J'ai ouï dire que  ma grand-mère faisait elle même sa farine et qu'elle la tamisait afin qu'elle soit plus blanche. Elle faisait son pain, d'ailleurs y'avait des fours à pain dans les maisons avant la grande guerre, et ce pain était excellent me disait encore récemment ma mère. Hélas ma grand-mère n'a pas fait de blog....!!!!

Aujourd'hui, on trouve le blé en grande surface comme céréale courante. C'est donc une recette à base de blé que vous trouverez dans mon prochain post.

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Le gratte-cul

Lundi 19 Juin 2006, 11:23 GMT+2par Eglantine
http://leplacard-d-elle.mabulle.com/index.php/2006/06/19/55432-le-gratte-cul

ou, l'églantine de mon village... Amicales pensées à Tarzile


eglantine1

Le gratte-cul plus communément appelé églantine est la fleur par excellence qui symbolise mon enfance.  Dans nos campagnes y'avait pas énormément de fleurs cultivées, c'était surtout des fleurs sauvages : celles des arbres fruitiers au printemps, suivies par les primevères ou plus exactement le coucou  (pour la distinguer des espèces commercialisées), la violette si odorante (dans mon jardin, elle ne sent rien), le pissenlit qui après sa floraison faisait une grosse boule de duvet sur laquelle nous prenions un malin plaisir à souffler, les coquelicots et les bleuets si jolis qui coloraient les champs de blés, les marguerites que l'on effeuillait en se disant : je t'aime, un peu, beaucoup, pas du tout,  le bouton d'or qu'on se mettait sous le menton pour obtenir un reflet qui signifiait qu'on aimait bien le beurre.

Dans les jardins la mode était aux dahlias. Ma cousine se distinguait en plantant  des capucines et des impatiences. Mais c'était tout, pensez donc, l'agriculteur avait assez à faire avec ses pommes de terre, ses betteraves, son blé, son maïs, son orge, ses bêtes... et j'en passe. Il n'allait quand même pas mettre des fleurs.

Un jour des citadins sont venus s'installer dans mon petit village. Figurez vous que leur première marque de propriété fut de planter une haie. Ca fit très mauvais effet. Les mauvaises langues dirent que c'eut été plus intelligent de planter de la salade. Puis nos sympathiques voisins commencèrent à dire que les tracteurs faisaient trop de bruit. Ce fut la rupture et une marche vers l'intégration plus ardue pour eux. A qui la faute ?.... Enfin quoi, un tracteur c'est qu'il fait beau, c'est qu'Untel va passer, c'est qu'on va couper l'herbe du pré, c'est qu'on va ramasser du bois, c'est qu'on va avoir des pommes de terre, c'est......

fleureglantine

Revenons à l'églantine. Mi-juin, majuestueuse, on la voyait un peu partout. Elle faisait office de reine parmi toutes les autres avec ses longues grappes qui tombaient le long des chemins, ses nuances de couleurs entre le rose et le blanc, ses 5 pétales si délicates, son odeur si douce.

eglantine3 eglantine4


Rustres nous étions nés, rustres nous sommes restés. Il ne nous serait jamais venu à l'idée d'utiliser cette magnifique plante dans une préparation culinaire et pourtant si on avait su ! Non, la seule chose qui nous intéressait nous enfant, c'était la mort de la fleur parce qu'après, on savait qu'elle allait se couvrir de grosses perles rouges et ça, ça nous intéressait. Dans ces grosses perles se trouvaient une poudre magique appelée poil à gratter. Commencaient alors les longues courses pour essayer d'en coller un peu dans le pantalon ou la chemise de notre ennemi du moment (j'ai longtemps cru que c'est de lui que venait le nom de gratte-cul pour l'églantier jusqu'au passage de Marcello qui a laissé un très intéressant commentaire que je vous invite à découvrir. Sa version me parait beaucoup plus plausible).

Grâce à Tarzile qui nous parle de son églantine et dans laquelle je n'ai pas reconnu la mienne, j'ai appris beaucoup de choses sur cet arbuste. Je me suis documentée. Le nom latin de mon églantier c'est la Rosa Canina L.

C'est le plus commun des rosiers sauvages, les fleurs ont 5 pétales blanches ou roses, le fruit est le cynorrhodon. Il est très utilisé en cuisine un peu partout dans le monde mais pas dans le petit pays des irréductibles et insouciants Argonnais. Il se compose d'akènes très durs et velus (poil à gratter), enfermés dans une "urne" charnue, rouge vif à maturité.

Fleurs et cynorrhodon sont comestibles : confiture (fleurs et cynorrhodon), arome pour thé, vin, dessert (fleurs), sirop, gelée, tisane, soupe (cynorrhodon).

Le cynorrhodon contient aussi de la provitamine A, de la vitamine B, P,K et E (cette dernière surtout dans les akènes). L'usage des cynorrhodons de nos roses de jardins est peu recommandable (hybridation, cultivars spéciaux), vaut mieux ceux de la belle églantine.

Le véritable gratte-cul

cyno

Image prêtée par : (c) Azurs point net - licence Creative Commons


Les fruits ont un grand pouvoir curatif. Ils combattent l'avitaminose, la fatigue et stimulent les défenses de l'organisme. Ils sont efficaces dans le traitement des refroidissements et des infections grippales. Ils sont aussi diurétiques, stimulent la digestion, ont des effets bénéfiques sur le sang (hématopoïèse.)

Maintenant si vous souhaitez quelques recettes, je vous invite à suivre ces liens :
Et si vous en voulez beaucoup plus, tapez gratte-cul sur google. Le nombre de recettes est impressionnante.

Pour des information complémentaires, je vous invite à lire les fiches sur les sites suivant : Plantes comestibles ou le cynorrhodon.



eglantine1

 Bon  lors de mon prochain voyage je pars à la recherche de gratte-cul...
Un jour je vous parlerais aussi du tape-cul mais ça c'est une autre histoire..........

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Les oeufs de paques, une grande histoire d'amour

Samedi 15 Avril 2006, 08:29 GMT+2par Eglantine

Entre les oeufs de Pâques et moi, c'est une grande histoire d'amour !

vitrine

J'ai passé les premiers Pâques de mon enfance à attendre les cloches. Puis ensuite, sachant qu'elles n'existaient pas, j'ai passé les autres fêtes de Paques à faire la cloche en préparant les oeufs de Pâques pour les enfants des nouvelles générations.


Tout ça, ça commençait bien avant Pâques. Il y avait des poules à la maison et les oeufs s'entassaient à la cave. Une partie de ces oeufs étaient destinés à la cuisson et à la coloration pour ensuite faire partie des objets cachés dans le jardin.
  • Pour obtenir des oeufs marrons, on les faisait cuire dans une solution eau +  pelures d'oignons
  • Pour obtenir les autres couleurs, on s'aidait des colorants alimentaires. 
Autant vous dire que les jours qui suivaient Pâques, on avait pas le choix du menu. C'était oeufs dur, oeufs mimosa, oeuf en salade...

Mais ça c'était le travail de ma mère, nous les enfants, nous commencions bien avant. Mon frère le plus courageux d'entre nous mais certainement aussi le plus gourmand et le plus téméraire était chargé d'en gober une partie. Il faisait donc un petit trou de chaque côté de l'oeuf avec une petite épingle, élargissait un peu ce trou sur un des côtés, le portait à sa bouche et d'un seul coup gobait l'oeuf . Mais bon, on voulait décorer beaucoup d'oeufs, et il n'allait pas tous les gober, d'ailleurs je suis pas sur qu'il aimait vraiment ça !. Alors, pour l'aider, on perçait les oeufs, on élargissait les deux trous. On souflait et l'oeuf se retrouvait dans une assiette. On bouchait les trous avec un peu de cire de bougie. L'oeuf était nettoyé par un chiffon imbibé de vinaigre. La phase peinture à la gouache et collage terminait le travail. Voici le résultat :.


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Je pense que cette année là nous avions été inspiré par Tintin en Chine. Ceux-ci pour durer aussi longtemps ont été vernis.

Mais il n'y avait pas que ces oeufs là, il y avait aussi ceux que vous voyez  en dessous.


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Ces oeufs arrivaient régulièrement tous les ans par la poste. Il venait directement de Tchécoslovaquie qui n'était alors pas encore scindé en Slovaquie et Tchéquie. Non, Internet n'existait pas encore et nous ne les commandions pas !!!


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Seulement voilà. Ma mère avait eu la bonne idée pendant sa jeunesse de correspondre avec une jeune tchèque dans le cadre des échanges scolaires. Et ce fut le début d'une grande amitié. La guerre n'interrompit que quelques années cette correspondance. Mais les échanges épistolaires reprirent très vite sitôt les hostilités terminées.


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Les années passèrent. Toutes deux se marièrent et eurent des enfants. Un jour les enfants d'âge similaires se mirent aussi à correspondre entre eux, ma soeur avec l'ainée, moi avec Yvonna. Et ça dure toujours.




Presque 40 ans de correspondance entre les deux amies et jamais de rencontre. Anna la prof de français ne pouvait pas venir en France. L'Est était alors fermé à l'occident.

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Et puis un jour, avec ma cousine, on décida que ça allait changer. Avec quelques mois de permis et une 2 CV, on entreprit un voyage de reconnaissance ensemble. Ce furent des vacances inoubliables.


i6Deux ans plus tard j'emmenais enfin ma mère voir son amie. Je vous raconte pas l'émotion ! Ce fut digne de perdue de vue pour ceux qui connaissent ! Quelques quinze années  plus tard, c'est Anna qui vint visiter Paris et la France qu'elle aimait tant mais qu'elle n'avait vu jusqu'à présent qu'à travers les montagnes suisses. Et par la même occasion, les deux amies purent encore une fois se revoir.


i14Aujourd'hui, les oeufs n'arrivent plus, mais l'amitié n'a pas vacillé. Seul l'âge et les ennuis de santé empêchent les deux amies de communiquer. Quant à moi, j'entretiens toujours soigneusement ma relation avec Yvonna.


Lorsque les relations avec l'Est se sont améliorées, Yvonna est venue me voir en France avec son mari et ses enfants. Figurez vous qu'elle a eu deux garçons et  que moi aussi.

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Le croiriez vous, nos enfants sont nés les mêmes jours. Oui, ils sont nés les 5 avril et 28 décembre. Bien sur, ce ne fut ni dans le même ordre, ni la même année. Mais quand même, j'aime cette coincidence. Quand je vous le disais que c'était une belle histoire d'amour !!!!!!

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Les Pieds rouges

Samedi 28 Janvier 2006, 00:25 GMT+2par Eglantine

Lorsque j'étais enfant, j'adorais aller aux champignons. Il y avait des girolles (c'est le petit champignon jaune sur l'en-tête de mon blog), des trompettes de la mort, des cèpes, des pieds de mouton et des pieds rouges. Il y en avait plein d'autres de toutes les couleurs, mais quand on connait pas un champignon, faut pas y toucher. Il y en avait un, la vesse de loup qu'on aimait beaucoup écraser car elle dégageait lorqu'elle était un peu vieille un nuage de fumée qui nous fascinait. Et puis il y avait le petit rosé des prés.

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C'était une activité familiale et mon père était l'éclaireur. Il connaissait parfaitement la forêt. Les journées et les marches étaient longues. Ce n'était pas en lisière que poussaient les champignons (à part quelques uns (3)) mais au fond des bois. Lorsque nous étions séparés, on se lançait un cri d'appel pour réunir la troupe. J'ai encore ce son à l'oreille ainsi que celui de l'écho de la forêt. (Oh oh ? oh oh ? c'était ça le cri). Et puis ca sentait bon, parce que ca sent bon le champignon ! Une fois ou deux on s'était égarés mais c'était pas bien grave, car la région, on la connaissait bien. Seulement, y'avait fallu  marcher et encore marcher pour retrouver la voiture. Les téléphones portables ça n'existait pas. Fallait se débrouiller.

Les champignons affectionnaient particulièrement les tranchées laissées par la guerre. Le gros lot, c'était les trompettes de la mort. Elles apparaissaient en immenses tâches et nos paniers n'étaient pas suffisamment grands pour les contenir. Il fallait refaire un voyage. Dans les jours qui suivaient, les étagères de la cave s'emplissaient de bocaux. Des champignons y'en avait. Et on en vendait. Il y en avait tant que  mon frère avait pu s'acheter un magnétophone à bande avec le fruit de ses récoltes. Le magnétophone, c'était une nouveauté à l'époque et comme c'était amusant,  tout le monde voulait être enregistré. C'est ainsi qu'aujourd'hui nos chers disparus nous parlent encore un peu.

Lorsque nous n'allions pas aux champignons, une de nos activités favorites, c'était d'aller voir Evelyne pour aller faire la causette. Elle passait une bonne partie de son temps à éplucher les légumes de son jardin et à nous préparer une merveilleuse galette, la galette des Ardennes.

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Un  jour, ma cousine et mon frère avaient ramené des champignons à Evelyne. Cette dernière ne s'était pas fait prier pour leur en faire une omelette. Mais ma mère avait eu  vent de l'affaire. Elle était folle de rage. Pensez donc, habituellement, les champignons n'étaient jamais consommés sans un label d'authenticité donné soit par mon père, soit par elle même et là, c'était des pieds rouges appelés encore amanite rougissante, amanite vineuse ou golmotte qu'ils avaient mangés. Et avec les amanites, on rigole pas, faut surtout pas se tromper, ça peut être fatal.  A quoi donc pensait Evelyne ?. Ce fut un véritable incident diplomatique. Mais ça dura peu de temps car, voyez vous, dans notre famille, nous sommes des gens raisonnables !

Maintenant,  j'habite en ville et je me morfonds car il n'y a pas de champignons et ceux des étals ont grise mine. Le plus triste c'est que jeune je les ai boudé. Eh oui, je voulais bien les cueillir mais pas les manger. Les enfants c'est comme ça.....


Aujourd'hui y'a beaucoup moins de champignons dans nos bois, une cueillette trop intensive pour la vente, le non respect de règles élémentaires (1),  les coupes à blanc (2) de forêts  et enfin la tempête de decembre 1999 n'ont rien arrangé. Des pans entiers de forêt ont été détruits et aujourd'hui encore certains endroits sont difficilement praticables car encore jonchés de troncs d'arbre. Un vrai crève coeur.

(1) Exemple : ne pas cueillir des champignons trop jeunes.

(2) Pour des raisons de rentabilité, lors de l'exploitation du bois, on ne détaille pas, on coupe tout puis on replante et c'est ainsi qu'aux feuillus succèdent des conifères qui poussent beaucoup plus vite mais c'est aussi ainsi que l'écosystème change. Il faut des années pour obtenir des forêts de feuillus et quelques jours seulement pour raser le tout.

(3) Le rosé des prés quant à lui et comme son nom l'indique pousse dans les prés.

A venir tartelette aux champignons et galette des Ardennes (ou galette d'Evelyne)


Voir sur le site du conseil de l'Europe une Etude très intéressante (n° 122) concernant la menace qui pèse sur les champignons.

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Le pot de terre et le pot de fer

Vendredi 20 Janvier 2006, 10:02 GMT+2par Eglantine
Le Pot de terre et le Pot de fer
Le Pot de fer proposa
Au Pot de terre un voyage.
Celui-ci s'en excusa,
Disant qu'il ferait que sage
De garder le coin du feu :
Car il lui fallait si peu,
Si peu, que la moindre chose
De son débris serait cause.
Il n'en reviendrait morceau.
Pour vous, dit-il, dont la peau
Est plus dure que la mienne,
Je ne vois rien qui vous tienne.
- Nous vous mettrons à couvert,
Repartit le Pot de fer.
Si quelque matière dure
Vous menace d'aventure,
Entre deux je passerai,
Et du coup vous sauverai.
Cette offre le persuade.
Pot de fer son camarade
Se met droit à ses côtés.
Mes gens s'en vont à trois pieds,
Clopin-clopant comme ils peuvent,
L'un contre l'autre jetés
Au moindre hoquet qu'ils treuvent.
Le Pot de terre en souffre ; il n'eut pas fait cent pas
Que par son compagnon il fut mis en éclats,
Sans qu'il eût lieu de se plaindre.
Ne nous associons qu'avecque nos égaux.
Ou bien il nous faudra craindre
Le destin d'un de ces Pots

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Les escargots

Mercredi 11 Janvier 2006, 12:45 GMT+2par Eglantine
escargot

Les fêtes étant fini, voici la vraie recette des escargots. Je n'ai d'ailleurs jamais compris pourquoi les escargots ont autant la côte aux fêtes de Noel. Pour moi, c'est un plat d'été.

Pour faire des escargots, il vous faut :
Attendre l'été, le ramassage est règlementé
1 pull
1 ciré
Des bottes
1 sac qui ferme
Une lessiveuse
Du grillage
1 réveil

Un beau matin d'été mettez votre réveil dès 4 heures du matin, déjeunez assez vite puis passez un pull, chaussez vos bottes. Il fait frais aux aurores et il y a de la rosée. Enfin partez vers les fossés humides sans oubliez votre sac.

Renseignez vous auparavant auprès des locaux pour savoir où se terrent ces petites bêtes mais en général c'est dans des fossés là où il y a de l'eau et de grandes herbes. Méfiez vous, les locaux sont souvent jaloux de leur secret, il n'est pas sur qu'ils vous renseignent.

Ramassez ensuite les jolies petites bêtes et mettez les dans votre besace, et méfiez vous, même si elles ne courent pas vite, elles cherchent quand même à s'échapper. Les escargots aiment aussi leur liberté et sentent bien qu'il va leur arriver quelque chose de mauvais. A votre retour,  mettez les petites bêtes dans une grande lessiveuse recouverte d'un grillage. Ou un autre grand contenant car tout le monde n'a pas de lessiveuse chez lui.

Afin que votre ventre soit plein, le leur doit-être vide, c'est la dure loi et la condition sine qua non pour manger de l'escargot. En conséquence de quoi, vous allez les mettre à la diète 4 à 5 jours.Y'en a qui disent qu'on peut quand même leur donner à grignoter un peu d'aneth ou de fenouil pendant leur supplice, pas pour leur plaisir mais pour le votre car ça les parfume.

Après leur jeune, jetez dessus du gros sel et remuez, ils vont alors se mettre à baver. Abrégez leur souffrance et aspergez les d'eau pour enlever cette bave gluante. Puis recommencer jusqu'à ce qu'ils aient fini de baver. Si vous êtes dégoutés, vous arrêtez, sinon vous poursuivez leur supplice jusqu'à ce qu'ils ne bavent plus pour les avoir enfin dans votre assiette. Ca se mérite des escargots !

Il faut les cuire vivant. Votre coeur vous lacherait-il ?...  Stooooooooooop....... J'arrête..., y'en a qui vont être déçu mais en fait je connais pas la suite. Chez nous, on a fait ça une ou deux fois, et puis on a abandonné. C'était trop pénible pour les âmes sensibles que nous sommes. Je sais qu'il y avait une histoire de court-bouillon et ensuite un petit beurre d'escargot suivi d'un passage au four.

Pour me faire pardonner, je vais vous révèler un secret. En fait, ma mère m'a toujours dit que les escargots ça n'avait pas de gout et que de toute façon ce qui était bon, c'est la sauce qui les accompagnait.  Je sais, beaucoup ne partagent pas son opinion et s'accorde à dire que les escargots, c'est merveilleux. Moi, j'ai trouvé accommodant de me ranger à son avis. Je fait donc régulièrement du beurre d'escargot que je jette sur des pommes de terre cuites au four. Et croyez moi, c'est vrai que c'est délicieux le beurre d'escargot..

NB : On se demande quel est le gars assez vicieux pour avoir trouvé la recette des escargots. Ce que je peux vous dire, c'est que les escargots sont un plat qui se mange depuis très très longtemps et pas seulement en France... Si vous voulez en savoir plus sur les escargots, depuis quand on en mange, d'où viennent-ils, je vous conseille cet article.

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Les éléments

Vendredi 30 Decembre 2005, 10:40 GMT+2par Eglantine

Il a neigé et il fait froid. Lorsque je regarde les actualités télévisées, j'ai souvent l'impression que les éléments naturels sont toujours des catastrophes : attention alerte de niveau 2, attention alerte de niveau 3... Si je ne conteste pas le fait que certains phénomènes climatiques puissent être très dangereux, la réalité des faits nous le rappelle malheureusement parfois,  je ne peux cependant pas m'empêcher de constater que bien des fois ces éléments classés par Météo France comme potentiellement dangereux ont  été pour moi source de plaisirs intenses.

Le froid et la neige


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uand je me réveillais le matin dans ma chambre sans chauffage, la première chose que je voyais, c'était le verre d'eau de ma soeur qui avait gelé, puis doucement je levais les yeux vers la fenêtre et là j'apercevais ces merveilleuses étoiles sur les carreaux dues probablement à l'alchimie entre la condensation de l'eau à l'intérieur et le mordant du froid à l'extérieur. Ca brillait de mille feux. Je savais alors que j'avais de nouveaux jeux.



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lisser sur des plaques de verglas, ça n'a jamais été mon fort mais aller par les chemins et percer la fine couche de glace des ornières que les tracteurs avaient laissées l'été et qui l'hiver venu se transformaient en mare, j'adorais cela. Parfois le pied se coinçait et c'était un suspens immense pour savoir si nous récupérerions ou non notre botte.



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orsque la neige venait, c'était encore plus fantastique. Au delà de la luge et du traditionnel bonhomme de neige, nous nous faisions de temps à autre bâtisseur pour construire un igloo. Nous roulions une boule, la découpions en brique puis l'assemblions conformément à nos maigres connaissances et notre idée de l'habitation d'un inuit. Il est même arrivé une fois alors que la neige et le verglas avaient recouvert la route, que notre père, cet inconscient, attache la luge à l'arrière de la voiture et nous emmène ainsi à l'école. A l'approche de la grande côte, nous étions quand même remontés dans la voiture.  Comme c'était un peu dangereux, il s'était bien gardé de le raconter à ma mère.



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e garde aussi un souvenir inoubliable de l'hiver 76. La glace avait alors totalement enrobé les branches des arbres pendant que le soleil, insolent, brillait de mille feux transformant ainsi la route en une splendide rivière de diamants. Il est ainsi des visions de la nature éphémères dont il faut profiter car ce sont des moments très rares.



e

t puis, je dois à la neige le plaisir des grogs chauds, et des mains gelées qui rencontrent le  radiateur, la joie de retirer des bottes humides, la sensation de bien-être lorsque vous pénétrez dans une pièce chauffée, la douceur d'une brique chaude dans son lit;...   et puis, et puis,  la tartiflette , ce plat que ma cousine m'a fait découvrir lors d'un séjour à la neige.


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