Le Placard d'elle

Une pizza, mais à quoi ?

Une pizza, mais à quoi ?
 


Pizza

 
 
Réponse sur le prochain post !

25 commentaires - aucun rétrolien

Soufflé d'automne au potiron

Comme chaque année à cette époque, j'achète un potiron entier et bien évidemment, il faut ensuite le manger. En général, je commence par une soupe, poursuis par une purée ou un petit gratin, en garde pour un cake et avec le reste, je m'amuse.... c'est parfois catastrophique mais parfois heureux. Ce fut le cas ce week-end :

400 gr de potiron
1 pomme de terre (facultatif)
10 cl de crème liquide
4 jaunes d’œufs
4 blancs d’œufs
Sel, poivre
4 épices (on peut faire soi-même)
30 gr de gruyère râpé
Comté fruité

souffle potiron

Préchauffer le four th. 210°. Beurrer une cocotte.

On fait cuire la pomme de terre à l'eau. On cuit le potiron au micro-onde. Depuis que j'ai découvert cette méthode, c'est ma préférée. Ca va tout seul, pas besoin de s'en occuper et le potiron est au top.  Mettre le potiron dans un récipient recouvert d'un film plastique. Il faut compter environ 7 mn pour cuire les 400 gr.

Un fois le potiron cuit, le mettre dans une passoire type passe-bouillon (fin tamis) et presser légèrement dessus afin d'extraire un maximum de jus. Remettre la pulpe molle (consistance d'une purée) dans une jatte et ajouter la pomme de terre écrasée avec une fourchette. Compléter avec la crème liquide. Saler, poivrer, ajouter le mélange 4 épices, le gruyère râpé puis les jaunes d’œufs un à un. (attention, garder le comté !).

Battre les blancs en neige ferme. Ajouter délicatement les blancs à la préparation précédente. Ajuster, sel, poivre et épices. Mettre dans la cocotte préalablement beurrée. Parsemer généreusement de comté râpé. C'est cuit lorsque le soufflé est bien monté et le cantal au-dessus bien doré.

part_soufflé_potiron
 
J'offre volontiers cette recette à Kate du blog "le plat du jour" pour son jeu "Et si on cuisinait orange" 
 
Ce soufflé est moins spectaculaire qu'un soufflé classique. Il monte à la cuisson mais beaucoup moins qu'un soufflé au fromage normal. Diététiquement, il est parfait, pratiquement pas de matière grasse et des légumes. Niveau goût, je le trouve beaucoup plus fin que mon soufflé classique que je n'ai jamais édité. A refaire sans hésitation !  Et à déguster avec une petite salade. Je verrais très bien ça aussi en portions individuelles en accompagnement d'une viande en sauce style goulash.

Désolé Marion, j'aurais bien aimé participer au KKVKVK mais je crois qu'il ne répond pas aux critères : pas de béchamel. Peut-être le prochain.

27 commentaires - aucun rétrolien

La tarte aux pommes de Jean-Claude

Puisque revoilà le temps des pommes et que je suis une amoureuse de ces fruits, les recettes des prochains posts leur feront un grand honneur. J'aime beaucoup la tarte aux pommes toute simple, mais il est bon parfois d'aller voir si d'autres recettes existent et on a droit à de jolies surprises.

Et voila maintenant comment ça a commencé dans ma cuisine :

- Huuuuuummmm, ça sent bon la, qu'est ce que tu cuisines ?
- De la tarte aux pommes !
- De la tarte aux pommes ? mais ça sent pas comme ça d'habitude, qu'est ce que tu as fait ?

Sur ce....  elle (ma fille) ouvre le four.... et un grand cri

- Ouaaaah, ce que ça a l'air bon, c'est quoi
- De la tarte aux pommes, je te dis, mais celle de Jean-Claude !

Que je vous raconte : Jean-Claude, c'est un surfeur qui avait envie de faire de la confiture de cynorrhodon, alors il a tapé ça sur Google et hop, il est arrivé chez moi, sur ma recette de confiture d'Eglantine.  La recette lui a plu, il a testé, aimé et me la dit  par un petit message sympathique, puis au bout de ce message, il m'a laissé une petite phrase disant qu'il pouvait me confier le secret d'une recette irrésistible. Pensez donc, j'ai sauté sur l'occasion. Quelques jours plus tard, je reçois un autre petit message avec une recette de tarte aux pommes que je m'empresse de réaliser et que vous avez maintenant sous les yeux.....Allez y les yeux fermés, c'est réellement très bon

Tarte aux pommes

Allez Jean-Claude, je te laisse parler maintenant..

"J'épluche mes pommes ( pour la cuisson, il faut qu'elles se tiennent évidemment - Reinette par-exemple ), J'enlève le trognon central avec un tire-trognon ( Ah ! La Palisse ! ) Je les coupe en tranches épaisses ( 1/2 cm d'épaisseur ) Je les fais revenir dans du beurre. Quand elles commencent à dorer, j'ajoute du miel et je fais caraméliser. Parfois, j'y met aussi le jus d'un citron.
 
Dans mon plateau j'étale ma pâte feuilletée achetée avec le papier sulfurisé. Je replie un demi fond de la pâte et applique bien le papier sulfurisé sur le plateau en appuyant au coin. Je répends alors de la cassonade : suffisamment pour recouvrir le papier en une fine couche. Je remet ma pâte dessus, et je recommence en repliant le demi cercle de l'autre côté. Ainsi toute la surface sous la pâte va caraméliser et donner un croustillant ... Hummm !
 
Ensuite je répartis doucement, à l'aide d'une pelle, chaque morceau de pomme caramélisé. Selon la quantité de pommes, tu pourras - ou pas - replier le bord de pâte vers l'intérieur, sur les pommes. Sur ce bord, tu passeras un pinceau de jaune d'oeuf sucré. Tu enfournes à four très chaud. Tu surveilles la cuisson afin que la pâte soit cuite - surtout pas brûlée - Il faut que le caramel se soit formé mais qu'il n'ait pas un mauvais goût.

Tu laisse refroidir. Tu peux la servir avec une boule de glace à la vanille ou mieux. mais je te le dirais une prochaine fois..."

Alors en ce qui me concerne, pour la réussir, je m'y suis reprise à deux fois parce que la première fois, j'avais laissé un peu trop caraméliser en dessous. La deuxième fois, j'avais mis deux cuillères de miel mais c'est meilleur avec une seule.

Bon Jean-Claude, suis-je une bonne élève ?  C'était très bon, ma fille a beaucoup aimé,  mais je peux savoir maintenant avec quoi tu la sers ta tarte à la pomme..... !
 
Autour de la pomme :
 
 

27 commentaires - aucun rétrolien

Soles au cidre

Après mon article sur les pommes et le cidre, je me suis évidemment sentie obligée de faire une recette intégrant ces deux éléments.

4 soles vidées et dépouillées (ou filets)
100 gr de beurre
1 peu de persil
1 cuillère à soupe de chapelure
(obtenue à partir de petits pains suédois)
20 cl de cidre
Persil
Crème fraîche
4 à 5 pommes (type reinette) + beurre

sole_au_cidre

Répartir 50 gr de beurre en petits dés au fond d'un plat allant au four. Répartir aussi une bonne cuillère à soupe de persil haché. Poser les soles dessus. Remettre encore 50 gr de beurre et arroser de cidre (le cidre ne doit pas couvrir totalement les soles). Saupoudrez de chapelure la partie visible des soles. Mettre 15 mn au four th. 180°. En fin de cuisson, ajouter 5 cl de crème fraîche.

Pendant la cuisson, faire revenir les pommes dans un peu de beurre clarifié. Servir poisson et pommes ensemble.

Ce plat a fait chez nous l'unanimité. Nous l'avons accompagné du reste de la bouteille de cidre et ce fut un délice.

Quelques précisions sur la recette et la photo. J'ai pris un poisson surgelé en pensant que c'était de la sole mais en le dégustant, j'ai eu un gros doute. J'ai travaillé avec le produit surgelé et ce fut un tort, la cuisson a été chez moi beaucoup trop longue. La prochaine fois, je travaillerai avec un produit frais, c'est nettement meilleur. Ma crème que je croyais de qualité (puisque bio et très chère) était arrivée presque à terme. Elle n'a pas bien fondu, ça n'a pas gâché le plat mais ça m'a beaucoup déçu. Je classe cependant cette recette dans à faire et à refaire !
 
Autour de la pomme :
 

20 commentaires - aucun rétrolien

Le temps des pommes

la fabrication du cidre , verreries d'Argonne, tonneliers de Florent en Argonne
Dans nos campagnes, les journées étaient longues et lorsque les petits citadins lassés d'explorer notre univers, étaient repartis à leurs occupations, il n'y avait plus beaucoup de distractions pour les petits campagnards que nous étions. Le gigantisme de l'espace avait bâti autour de nous des frontières naturelles : nous étions une oasis dans un grand désert. Pour éviter de sombrer dans l'ennui, nous avions de temps en temps quelques bruits de tracteurs, des pas dans la rue ou des cris d'animaux qui nous empêchaient d'hiberner. Alors au petit matin, la bise fraîche qui balaie le visage, la brume légère qui s'élève en volutes fantasmagoriques et le ronron du bus au loin annonciateur d'un proche départ vers l'école, tout cela, c'était un véritable bonheur.

La fin des vacances n'était pas pour moi la fin du bonheur, bien au contraire. La rentrée des classes, c'était avant tout la rupture de la solitude mais c'était aussi les cèpes et les trompettes de la mort, le ramassage des noix et des noisettes, les feux de broussailles, l'odeur des gaufres dans la cuisine et puis et surtout, le début d'une grande ronde familiale qui allait durer plusieurs semaines.

Au centre de cette ronde, il y avait la pomme. Les danseurs, c'était les membres de la famille, le coup d'envoi du ballet, le canif. Le fruit était coupé en deux et goûté : si les pépins étaient noirs et le fruit sucré, alors on pouvait commencer. Les pommes étaient cueillies, triées et mises à parer dans un local abrité en attendant la grande messe finale.

rambour

 

En Argonne, y'avait une longue tradition de tonneaux et de bouteilles et tout le monde s'en souvenaient même si tout cela avait disparu... c'est bien connu, les fantômes continuent de hanter quelques temps les lieux qu'ils ont habités surtout si leur fin a été douloureuse... 

Tout d'abord, à Florent-en-Argonne, il y avait eu les tonneliers.
 

florent_tonneliers

 

Ils travaillaient avec les bons chênes plantés profondément dans le sol siliceux de la forêt proche qui leur conférait un grain très fin, un grain réservé aux meilleurs barils.
 

chêne


La grande forêt d'Argonne est la forêt historique des fûts à Champagne. Elle était à leurs pieds.
Mais quand les cuves remplacèrent les tonneaux, tonneliers et mairandiers (ceux qui font les planches du tonneau) disparurent. Au nombre de 150 vers 1939, il n'en reste plus aujourd'hui. Le dernier tonnelier a disparu dans les années 80. 

Et puis, les même sols avec la même forêt avaient attiré dès le IIIe siècle les verriers si bien qu'au IVe siècle, on connaissait déjà la bouteille. Pour faire du verre, il fallait des minéraux siliceux et fondant (sable, grès, calcaire...) afin de créer la matière, il fallait aussi de la gaize (pierre morte) pour édifier le four et puis de l'argile pour le maçonner et modeler les creusets où on fondait le verre. Enfin, il fallait du gibier, des fruits, des sols cultivables pour nourrir la famille et nous vivions au milieu de tout cela.

On nous parlait souvent des verreries, y'en avait eu partout mais on parlait surtout de celles des Senades, de la Harazée, du Neufour, des Islettes et du Four-de-Paris, des lieux qui m'étaient particulièrement familiers. La verrerie du Four de Paris alimentait plus particulièrement mon imaginaire. Des années durant, en passant devant, j'avais reconstruit son histoire m'imaginant que son nom était du au passage du roi Louis XVI lors de sa fuite vers Varennes, m'interrogeant vainement sur l'origine du calvaire et pensant que la guerre, cette ennemie de toujours avait détruit à tout jamais cet ancien monde.

 

Aujourd'hui je connais la vérité : cet endroit devait tout simplement son nom à la ville de Paris qui imposait ses standards à cette verrerie, le calvaire avait été dressé là, par la famille des verriers et à la frontière de leur domaine pour honorer les membres de leur famille morts pendant la guerre 14-18. Quant à la disparition des verreries, elle était surtout due à des impératifs économiques variant à travers les siècles.
 

verriers_d_argonne

 

Leur déclin commença à partir de la seconde moitié du XIVe siècle en raison notamment d'épidémies et de guerres. Les deux siècles qui suivirent furent pour elles une période d'accalmie. On aurait put croire qu'au XVIIe  siècle les verreries allaient prendre un nouvel essor. Louis XIV favorise les verriers étrangers, impose un monopole, les verriers argonnais doivent abandonner le verre fin. Mais  à la fin de cette période, Don Pérignon natif de Sainte-Menehould et figure emblématique de l'Argonne avait mis au point la finalisation de la vinification du Champagne. Nos verriers développèrent donc la fameuse bouteille au verre noir et épais, celle qui pouvait résister à la gigantesque pression des petites bulles. (1)
 

bouteille

 

Grâce à cette manne, les siècles qui suivirent auraient du apporter en toute logique la prospérité. Il en fut tout autrement. Au XVIIIe siècle, le roi estimant que ses propres verreries étaient menacées imposa des taxes lourdes au reste du royaume. Puis, ce fut la révolution, l'Argonne paya un lourd tribut. Au XIXe siècle le progrès assena le coup fatal. Les verriers d'Argonne s'étaient spécialisés dans les bouteilles et les cloches de jardin mais leur travail était artisanal et lié aux aléas du temps : mauvaises vendanges, mauvaises ventes. Les fours fonctionnaient au charbon de bois. La houille apparut, elle se transportait facilement et permettait une meilleure productivité : et pour survivre, il fallait produire, se diversifier et vendre, il fallait se moderniser. Pour des raisons de rentabilité, les verriers désertèrent en masse l'Argonne et se mirent à exporter leur savoir-faire là où il avait une valeur marchande, c'est à dire autour des grandes villes et à l'étranger. La dernière verrerie d'Argonne, celle des Islettes s'éteignit en 1936. Ce fut la fin d'une tradition longue de 16 siècles.

Parfois, je me prends à rêver que les verreries redémarrent.... j'aurais tant aimé les voir, les côtoyer.... Mais revenons à notre histoire, je me suis un peu égarée.....

 

*****************

Je disais donc qu'en Argonne, on avait les tonneaux, les bouteilles oui, oui, car les bouteilles à Champagne et celles à cidre, ce sont les mêmes, on remplace juste le bouchon en liège par un bouchon à cannette en porcelaine.

En dernier, il y avait les vergers qui sont toujours là. Il y en a beaucoup moins aujourd'hui. Ils prirent un sacré coup de vieux lorsqu'on décréta qu'il en était fini du droit de bouilleur de cru. Quelle eut été l'utilité de cultiver des fruits qu'on aurait pas pu écouler de toute façon !

 

verger_lorrain

 

Mon grand-père affirmait que pour faire un bon cidre, il fallait deux tiers ou trois quarts de pommes à cidre et le reste en pommes à couteaux. Entendez par pommes à couteau, les pommes que l'on mange ainsi en croquant dedans ou qui garnissent, tarte, gâteaux ou autres. Chez nous c'était : Rambour, Réau (autre nom : reyau,  royaux ou croquet), Jean Tondeur, Belle-fleur, Reine de reinette....

Pommes_a_couteaux

 

Les pommes devaient être parées. On guettait donc avec un couteau l'instant ou les pépins noirs nous indiqueraient que la pomme était mure. A ce moment la, la cueillette pouvait commencer.
 

cueillette

motoculteur

cueillette2

les pommes étaient entreposées en attendant qu'elles revêtent leur robe d'hiver, la robe définitive. Pour avoir du bon cidre, il valait mieux avoir des pommes à l'époque de maturité identique.

 

Début novembre ou mi-novembre selon les années, nous nous rassemblions selon les impératifs de chacun et le travail d'extraction du jus pouvait commencer. Le pressoir et le broyeur avaient été nettoyé à coup d'eau et de brosses par les hommes de la maison. Femmes, enfants, mettaient les pommes dans des seaux en triant pommes pourries et véreuses.

Tri_des_pommes

 

Les hommes versaient le seau dans le broyeur,
 

le_broyeur

 

la chair était récupérée puis versée dans le pressoir. Lorsque le pressoir était plein, on ajoutait dessus les grosses planches puis ensemble on tournait une manivelle pour extraire le jus.
 

pressoir

autour du pressoir

 

C'était un instant magique, attendu de tous. On encerclait alors le pressoir attendant chacun notre tour le premier verre de ce divin jus. Au diable l'hygiène, fi des quelques taches de pourriture sur certaines pommes ou du risque de quelques vers, nous n'étions pas des professionnels... vive la nature et que c'était bon ! Jamais de coliques, jamais de maladies.

la_dégustation_du_cidre

 

Le jus était ensuite versé dans un tonneau qui devait être rempli à ras-bord et ne pas être bouché. Le reste du jus était embouteillé. Ma mère le pasteurisait alors dans une grande étuveuse en montant les bouteilles à température de 75°. Ca nous aidait à patienter en attendant le cidre et puis, c'était si bon pour les enfants.

Le tonneau descendu à la cave faisait l'objet de toutes nos attentions. La fermentation commencée, une mousse noirâtre et crasseuse remontait à la surface pour retomber sur le sol chassant par la même occasion toutes les impuretés. Tous les jours, il fallait compléter le tonneau avec un peu de jus conservé afin de permettre un dégorgement continu. Et puis, un jour, la mousse devenait blanche, il était temps de passer à l'étape suivante : le tonneau était transvasé dans un autre tonneau à l'aide d'un tuyau en évitant soigneusement la lie chassant ainsi définitivement les impuretés. Un anti-ferment acheté en pharmacie était ajouté et permettait ainsi de stabiliser le liquide. Nous aimions le cidre doux. Le tonneau était rebouché soigneusement en chassant totalement l'air, ennemi mortel du cidre.

Le cidre n'avait plus besoin de nous, le temps étaient aux préparatifs de Noël.

 

************

Fin janvier, mi-février, ma mère descendait à la cave pour le goûter. Si le breuvage était bon, il était temps de le soutirer mais il fallait attendre un temps clair beau et froid sinon le breuvage risquait d'être trouble. (Question de pression atmosphérique et non adage farfelu !). Les bouteilles utilisées étaient celles de notre cousin limonadier et lorsqu'on en avait plus, on utilisait de vieilles bouteilles de Champagne sur laquelle on adaptait un bouchon à canettes.

bouchon

 

Le charcutier nous avait dit que le bouchon devait être dans le cidre, pas d'air entre lui et le liquide. Laisser de l'air risquait tout simplement d'entraîner l'explosion de la bouteille : nous avons toujours appliqué ce principe et avec succès.

Le cidre était inégal selon les années : parfois très bon, parfois très mauvais. Ca dépendait en fait beaucoup de la récolte de pommes. Mais ce que je peux vous dire c'est que depuis, je n'ai jamais goûté un cidre chargé aussi émotionnellement que celui-ci : le plaisir d'ouvrir la première bouteille et de savoir à quoi cette année, il ressemblerait !


============ 

NB : ces quelques lignes font appel uniquement à ma mémoire et celle de ma mère,  je pense qu'il est préférable que les personnes qui souhaitent se lancer dans l'aventure du cidre de se rapprochent de spécialistes encore en activité afin de ne pas avoir de vilaines surprises à l'arrivée.....


(1)  toutefois en concurrence avec les Anglais parce que John Colenet et Henry Holden avaient déposé un premier brevet quelques années plus tôt pour une bouteille cylindrique, à épaisseur régulière et au col allongé.


+++++++++++

Extrait de "La chanoinesse (1789-1793)" - André Theuriet (1833-1907)

"La verrerie du four-aux-moines, appartenant à Mme Gertrude de St André, était située un peu en amont de La Chalade, à la lisière du bois et à l'entrée de la gorge des sept-fontaines....

La verrerie aujourd'hui détruite, comprenait dix ouvreaux ou fours. Elle était alors en pleine prospérité. On y fabriquait des bouteilles à vin de Champagne et des cloches de jardin. Quand on avait traversé une large cour herbeuse, semée ça et là de crasses de verre, on se trouvait en face de la maison d'habitation......

chateau_four_de_paris

....les pièces principales ouvraient sur un jardin à la française plein de fleurs vivaces aux couleurs réjouissantes. Au delà, on apercevait les champs dépendant du Four-aux-Moines, qui, à la belle saison, déroulaient jusqu'à l'orée du bois leurs carrés de seigle ou de blé, leurs luzernes violettes et leurs colzas d'un jaune d'or.....

...lorsque les ouvreaux chômaient, elle ne dédaignait pas de s'occuper de la culture de ses terres et plus d'une fois, au moment des semailles, on l'avait vue, enfonçant ses lourdes bottes dans la terre grasse des labours, pousser elle-même la charrue et tracer un sillon aussi droit que le plus fin des agriculteurs.

Petite précision pour les argonnais : le four aux moines est un lieu différent du four de Paris et près de La Chalade.

 ++++++++++++

Sources :

Mémoire et archives familiales

Les fours à verre d'Argonne

http://www.champagne-giraud.com/style4.php
http://www.champagne-giraud.com/actualites.php?lang=fr&page=actu&id_actu=126&prov=arch
Famille De Bigault
Famille Collard
La Gaize et la Glaise
Histoire du Champagne
Une autre histoire de famille : Guy.de.Finances et de verriers

 

 

 

André Theuriet :  André Theuriet est un des seuls écrivains, Lorrain et académicien de surcroit, à avoir raconté l'Argonne notamment dans le roman la chanoinesse qui relate la période 1789-1793 et le passage de Louis XVI à Varennes. Ces romans sont téléchargeables sur Gallica (site numérique de la Bibliothèque de France).
La chanoinesse
Gertrude et Véronique


Pommiers à cidre
Patrimoine fruitier lorrain

30 commentaires - aucun rétrolien

Aujourd'hui, c'est relâche

steack frites 
Losqu'au fil des mois vous naviguez en mers étrangères, au milieu d'îles inconnues mais néanmoins hospitalières, vous délectant tous les jours de cuisine plus ou moins exotique mais souvent nouvelle à vos sens...... lorsqu'après maintes et maintes escales, souffle tout à coup un petit air de Septentrion,  alors, vous vous mettez à rêver, mais de quoi.... de ça bien entendu

steack_frites
 
et pour la chanson, c'est là (clic)

De pommes de terre de bonne nature fraîchement extirpées des sols du Nord, coupées en forme de batonnets, lavées à l'eau chaude et séchées dans un torchon, jetées une première fois dans une bassine d'huile bouillante et neuve pour les attendrir, jetées une deuxième fois dans une bassine d'huile encore plus bouillante pour les enrober d'une pellicule croustillante.... le tour croustillant, le centre moelleux.....  quelques pincées de sel fin.....
 
Un petit oignon coupé en morceaux revenus dans un peu de graisse puis intimement mêlés à la viande crue, une cuisson avec une noisette de beurre, à la demande...., une larme d'eau ajoutée en fin de cuisson afin d'étendre le jus, un peu de sel.... je sais, là,  il semble très cuit le steak... et la photo là, limite beueueurrrrkkkk pour les amateurs de chaire fraîche...  mais promis je peux vous le faire bleu si vous voulez......
 
RRRrrrrrrrrrr, que c'est bon de se lâcher !!!!!!!!!! et puis, non et non, les frites, c'est pas seulement dans les brasseries, chez Mac Do....  ou surgelées... et c'est très bon. Il semblerait d'ailleurs qu'elles soient bien plus que centenaires.
 
Ah oui, un dernier truc.... La frite c'est pas forcément gras... si si je vous assure et pour une simple raison, la graisse est l'ennemie de l'eau. Alors pendant la cuisson, la graisse ne peut absolument pas entrer dans la frite. Mais si après la cuisson, vous les jetez là, dans un plat, couche sur couche, sans mettre un papier absorbant en dessous, ca macère, ca macère et c'est plus bon du tout.... !
 
NOTA : Pour faire les frites, je n'ai qu'une vieille friteuse en acier émaillé, celle qui coûte pas cher n'importe où.... Je peux vous dire que depuis que j'ai acheté une plaque à induction (car elle supporte l'induction), c'est devenue une superbe friteuse qui me fait des frites toujours réussies et sans le stress de la flamme sous l'huile.... Bon évidemment, si on aime pas l'odeur de la friture......  Mais je vous le jure, ça vaut le coup de tester... moi, c'est avec la Kerpondi (souvenir d'enfance) que je les préfère mais la ou je suis, ca n'existe pas.... Que c'est bon les plaisirs simples !!!!!

20 commentaires - aucun rétrolien

Feuilletés apéro au Comté

Voici une petite recette que j'aime beaucoup faire pendant mes apéros dinatoires et qui rencontre toujours un joli succès.

feuilletés_au_fromage

300 gr de pâte feuilletée
100 gr de comté
30 gr de beurre
2 cuillère à soupe de persil ciselé
1/2 jus de citron
2 oeufs
Sel, poivre

coupe_feuilletés au fromage

Faire fondre le beurre. Ajouter et mélanger avec, fromage rapé, persil, oeufs, jus de citron, sel, poivre.

A l'emporte pièce, découper des cercles de 10 cm de diamètre. Fourrer chaque cercle d'un petit peu du mélange et fermer bien le tout.

Dorer (j'ai utliser le reste de jus que j'ai allongé d'un peu de lait)

Cuire 12 à 15 mn à four chaud th. 210°. A déguster avec un petit vin blanc doux. Pourquoi pas un bon petit Gaillac (pas très loin de l'Auvergne) !

gaillac

32 commentaires - aucun rétrolien

Losanges aux noix ou (l'art du recyclage en pâtisserie orientale)

Vous vous souvenez peut-être qu'il y a environ quinze jours, je vous présentais le joujou de mon enfance "le bistick" expliquant ainsi que nous avions mangé des biscuits BN jusqu'à la disparition du joujou.

BN

Pour voir de façon plus objective le goût de ce fameux gâteau, j'avais décidé d'en acheter un paquet. Après le plaisir de la redécouverte par moi et de la découverte pour le reste de la famille, le paquet est ensuite resté inerte quelques temps, je dirais même un temp incertain, dans mon placard jusqu'à ce que je découvre cette recette (gâteaux traditionnels, Samira, Edition la plume). Jugez par vous-même. Les proportions que je vous donne ont été divisées par deux par rapport à la recette originale.


Pâte 1

100 gr de poudre d'amandes
125 gr de sucre glace
1 blanc d’œuf
Colorant rose et vert
Arôme fraise et pistache (facultatif)

Pâte 2

200 gr de biscuits (casse croûte, petits beurres...)
100 gr de noix grossièrement moulues
2 cuillères à soupe de miel
2,5 cuillères à soupe d'eau de fleur d'oranger
4 cuillères à soupe de beurre fondu
1/2 cuillère à café de vanille

Préparation de la pâte 1

On mélange ensemble amandes, sucre glace. On humecte avec le blanc d’œuf et on malaxe afin d'obtenir une pâte lisse et facile à travailler. (On ne jette pas d'un seul coup dans la préparation tout le blanc d’œuf. D'abord la moitié, puis si ce n'est pas assez, on ajoute petit à petit le reste).

On partage ensuite la préparation en deux boules égales. On colore l'une en rose, l'autre en vert. On parfume l'une à la fraise, l'autre à la pistache. A vous de découvrir quel parfum va avec quelle couleur. Notez qu'on peut s'affranchir des valeurs traditionnelles, ça peut être sympa à la dégustation. En ce qui me concerne, je n'ai pas parfumé la rose et j'ai mis de vraies pistaches moulues dans la verte. On laisse reposer sur un plat saupoudré de sucre glace.

Préparation de la pâte 2

On commence par mixer finement les biscuits. On hache grossièrement les noix : on doit obtenir un mélange poudre et morceaux. On met le tout dans un grand récipient puis on ajoute : la vanille, le beurre fondu, l'eau de fleurs d'oranger. On humecte avec le miel et on malaxe avec ses mains jusqu'à obtenir une boule uniforme et homogène. Au besoin on ajoute un peu plus de miel.

losanges_aux_noix

Finition

On étale la moitié de la pâte rose dont on tapisse le fond d'un moule pas trop grand (le mien fait 17 X 17 cm, un format pas traditionnel, en fait un ancien couvercle en pyrex de cocotte). On étale la moitié de la pâte verte et on pose par-dessus la pâte rose. (Pour étaler la pâte d'amande, on saupoudre dessus et dessous du sucre glace et ça va tout seul).

losanges_aux_noix_coupe

On étale la totalité de la deuxième préparation aux dimensions du plat et on pose par-dessus les deux pâtes d'amandes (je n'ai pas tout mis, je trouvais que ça faisait un peu trop mais ce que j'ai enlevé n'était pas trop conséquent, la valeur d'une cuillère à soupe légèrement bombée). Et puis, on finit en recouvrant de pâte d'amandes d'abord verte, puis rose. Le sucre glace et la petite noix posée dessus donneront la touche finale.

losanges_aux_noix_assiette

Je peux vous assurer que ça part beaucoup plus vite que des BN. Personnellement, je trouve ça pas mauvais du tout mais un peu trop sucré. C'est idéal pour accompagner un café ou un thé si comme moi, à la base, vous ne le sucrez pas. Et le BN n'est pas une obligation, n'importe quel biscuit sec le remplacera avantageusement.

28 commentaires - aucun rétrolien

Tarte aux poires (dite tarte bourdaloue)

Dans mon jardin j'ai des poires. Je n'ai pas planté de poirier, mon prédécesseur l'a fait à ma place. Ainsi chaque année, j'ai quelques poires qui malheureusement ne sont bonnes que cuites. Je n'en connais pas la variété. Voici donc une tarte qui n'est autre qu'une des nombreuses variantes de la tarte aux poires Bourdaloue et qui s'accommode fort bien de ce genre de petites poires anonymes.

Pâte sablée (à faire soi-même) : clic
5 à 6 poires pas trop mures
100 gr de sucre
20 cl d'eau
Cannelle
70 gr d'amandes
70 gr de sucre
70 gr de beurre
1 cuillère à soupe de rhum
1 oeuf

tarte_bourdaloue

Préparer la pâte sablée, l'étaler dans un moule à tarte. Comme cette pâte est souvent très friable, je l'étale directement sur une feuille de papier sulfurisée que je glisse ensuite sur mon moule à tarte.

Eplucher les poires, couper les en deux en enlevant le coeur. Chauffer l'eau avec le sucre, parfumer avec une bonne cuillère à café de cannelle. Lorsque l'eau est à ébullition, baisser pour obtenir un frémissement et mettre les poires dedans. Cuire jusqu'à ce que les pommes deviennent tendres tout en restant ferme (trop cuites, la tarte ne sera pas si agréable à manger).

Pendant ce temps, mélanger ensemble au batteur électrique : amandes, 70 gr de sucre, beurre ramolli, oeuf entier et une cuillère de rhum. Vous devez obtenir une pâte assez lisse que vous allez étendre sur la pâte sablée au fond de votre moule à tarte.

tarte_aux_poires

Couper les poires en fines lamelles et étaler les sur le fond d'amandes. Mettre au four th. 240° jusqu'à ce que la pâte sablée soit cuite et la pâte d'amande un peu roussie sur le dessus.

J'aurais pu faire la photo plus professionnelle en employant des poires en conserve, une pâte sablée un peu plus consistante et une frangipane un peu moins fondante mais franchement cette recette est nettement supérieure à celle que je fais lorsque je n'ai pas de poires maison.  Ce n'est pas pour rien que ce type de tarte est devenue un classique : une belle valeur sure pour une fin de repas gourmand ou un petit "tea time".

27 commentaires - aucun rétrolien

Pain de seigle (ou pain noir de campagne)

Manger son pain noir, une expression qui habituellement signifie, une période difficile à passer. J'ai oui dire que cette expression serait peut-être due aux disettes du moyen-âge. Les paysans utilisaient des farines complètes et rustiques (dont le gland et le seigle) alors que les seigneurs, eux, se goinfraient de farine blanche et fine. Aujourd'hui, on pourrait presque dire que manger du pain noir est un luxe. Le tendance s'est inversée et le seigle est un aliment très prisé. Dans les boulangeries, on en trouve pas toujours ou alors de mauvaise qualité. De plus, il est très cher et parfois même introuvable. Je m'en suis rendu compte lorsque j'ai voulu réaliser la recette de Choupette. Impossible d'en trouver dans mon magasin de proximité. J'ai donc choisi de le réaliser selon une recette que l'on trouve sur de nombreux sites Internet. Suffit de taper "pain noir de campagne" dans google pour s'en rendre compte. Intriguée par la composition de ce pain qui ne correspond pas du tout aux ingrédients que je suis habituée à manipuler, notamment la mélasse et le café, j'ai décidé de tenter l'affaire. Et puis, c'est une recette qui ne nécessite pas de machine à pain et qui permet de recycler du pain rassis.

pain_noir

Pain noir de campagne ou pain de seigle

20 g de levure de boulanger,
11 cl d'eau chaude (pour utiliser avec la levure),
45 cl d'eau bouillante (pour mélanger au pain rassis émiétté),
1 cuillère à café de sucre,
3 cuillères à café de café soluble,
225 g de farine ordinaire,
450 g de farine de seigle (type 130),
170 g de pain rassis émietté,
3 ou 4 cuillères à soupe de mélasse (mon fils m'en a ramené de Norvège mais on en trouve dans les magasins bio),
55 g de beurre,
2 cuillères à café de sel,
30 g de germes de blé (facultatif),
1 cuillère à café rase de gingembre moulu,
3 cuillères à café rase de coriandre moulu (j'ai moulu des graines de coriandre dans mon ex-moulin à café).

Tranche de pain noir

Mettre le pain émietté sur un papier sulfurisé et faites le griller au four (à 200°C). Ne le laisser pas trop brunir mais durcir et blondir. Il doit ressembler un peu à une biscotte. Mixer le ensuite.

Dissoudre le café soluble dans l'eau bouillante (45cl). Ajouter la mélasse et la chapelure. Verser sur le pain mixé. Laisser reposer jusqu'à ce que le pain ait gonflé et que le mélange soit tiède. Réserver.

Délayer la levure et le sucre avec un peu d'eau tiède. Quand la levure est bien crémeuse, ajoutez le restant d'eau. Mélanger les deux farines, les germes de blé (facultatif, j'ai pas mis), le sel, le gingembre et le coriandre dans un récipient chaud (s'il est pas chaud, ça marche aussi).

Incorporer le beurre fondu. Faire un puits et versez-y la levure et la préparation réservée (mixture mélasse, pain, café, épices). Mélanger bien. La pâte deviendra très collante mais ce n'est pas grave. Si c'est un peu trop sec, ajouter un peu d'eau mais pas trop. Ce doit être compacte quand même. Lorsque tous les ingrédients sont bien mêlés l'un à l'autre, former une galette ou une grosse boule. Poser la au fond d'un récipient et badigeonner le dessus avec de l'huile. Couvrir d'un film plastique. Laissez lever 2 à 3 h jusqu'à ce que la pâte double de volume.

Reprendre alors la boule de pâte, la poser face huilée sur la table et la pétrir 7 mn sur la table. En principe, grâce notamment à l'huile qui l'entoure, la pâte n'attache plus et se laisse très bien travailler.

Couper la pâte en trois portions d'environ 600 g. Pétrir et former des galettes ou des petites boules. Placer sur papier huilé, couvrir avec un plastique et laisser lever 30 mn.

Préchauffer le four à 200°C. Mettre de l'eau dans le lèche frite pour le coup de buée. Personnellement, je mets une casserole contenant de l'eau sur la sole du four. Juste avant d'enfourner, badigeonnez les miches avec un mélange composé d'une cuillère à café de café soluble dissous dans deux cuillères à café d'eau chaude ou de lait, saupoudrer avec les germes de blé et   laisser cuire 45 mn (j'ai mis les germes de blé mais je pense que cette étape n'est pas obligatoire).

carrés_au_saumon


Je vous recommande d'attendre le lendemain pour le déguster, les arômes se seront alors intimement mêlés. Son goût ainsi que sa texture surprennent agréablement. C'est une bonne découverte. Ce pain est très moelleux et se coupe très bien en tranches fines. Très bon avec du saumon, du fromage mais aussi du beurre et de la confiture. Et pour ne rien gacher, il se conserve bien, sa mie ne s'altère pas.

pain_noir_confiture

25 commentaires - aucun rétrolien