Coquilles Saint-Jacques, sabayon au Champagne
Les Argonnais ont un lien intime
particulier avec le
Champagne. Dom
Pérignon n'est-il
pas né à Sainte-Menehould capitale de l'Argonne la même année que Louis XIV,
n'embrassa t'il pas les ordres bénédictins
à l'âge de 18 ans dans la petite
bourgade de Verdun ? Enfin j'ai même ouï dire qu'il
passa quelques mois, même s'ils
furent peu nombreux dans l'abbaye de Moiremont. Je sais, certaines
mauvaises
langues disent qu'il n'est pas l'auteur du Champagne, que ce n'est pas
lui qui a
inventé la mousse mais d'un autre côté
tout le monde s'accorde à
reconnaître en lui un fiéffé
eoenologue
et d'avoir participé très activement à
la méthode de vinification de ce vin
prestigieux qu'est le Champagne. Oui le Champagne a quelque
chose d'argonnais....
N'étant pas historienne des vins, je n'irais pas plus loin
dans mes divagations
et ne prétend aucunement réécrire
l'histoire du Champagne. Je laisse ce soin à
des personnes bien plus compétentes que moi. Il n'en reste
pas moins qu'ici en
Argonne, même si on vit un peu comme des sangliers on ne
rechigne pas à une
petite lichette de ce merveilleux nectar.
Moi, de temps en temps,
je m'amuse même à sacrifier une de mes bouteilles
pour
ce délicieux plat. Succès assuré.
Quoi, faire cuire du Champagne, ça va pas
non, c'est cher ! Dites vous que le Champagne revient
beaucoup moins cher
que la truffe et puis si vraiment vous ne voulez pas sacrifier un
litron, vous
pouvez aussi utiliser un bon bordeaux sec, ce que j'ai fait
aujourd'hui.
Mais pour les fêtes, j'utilise du Champagne et je sers la
deuxième moitié de la
bouteille en accompagnement.
Personnellement,
j'ai gagné une étoile supplémentaire
auprès de mes amis
en leur servant ce plat.

12 belles coquilles Saint-Jacques
20 gr de beurre
3 blancs de poireaux
Des petits croissants feuilletés (je les ai fait moi-même)
ou de la pâte feuilletée
Sel, poivre
Pour le Sabayon
1/2 bouteille de Champagne
4 jaunes d'oeufs
30 cl de crème fraîche
4 échalotes
20 gr de beurre + 20 gr de beurre
1 cuillère à soupe d'huile
1 cuillère à café de graines de coriandre pilées

Confection des petits
croissants
Si vous souhaitez faire les croissants, c'est extrêmement
simple. A partir d'un
rouleau de pâte feuilletée, on replie une
fois la pâte sur elle même et avec
un couteau on dessine des croissants. On fait de petites incisions sur
le
dessus avec un cutter et on badigeonne d'un mélange jaune
d'oeufs+lait. Au four
th. 210°. On retire quand c'est doré. Attention,
ça brûle vite.

Préparation
des coquilles
En principe, on utilise les barbes. Personnellement, j'ai
utilisé des coquilles
Saint-Jacques déjà ébarbées
et ç'est bon quand même. Je vous donne cependant
la
recette complète.
On ouvre les coquilles en introduisant la lame d'un couteau entre les
coquilles
et en la glissant contre la surface plate afin de sectionner le muscle.
On
enlève la coquille plate puis on
prélève le contenu de la coquille creuse. On
sépare barbe et ensemble coquille-corail. On lave
coquille-corail, on éponge
dans un papier absorbant et on réserve.
On débarrasse les barbes de la partie noire, on rince et on
met de côté.

On
tronçonne les poireaux puis on les coupe en fine julienne.
On fait revenir
dans 20 gr de beurre. On débute la cuisson à
découvert puis on sale, on poivre
et on laisse cuire sur feu doux jusqu'à ce que le poireau
devienne tendre tout
en restant un peu croquant. Attention, ils ne doivent pas colorer.
On dispose au fond de chacune des coquilles un lit de fondue de
poireaux.
Sauce Sabayon
On hache finement les échalotes et on concasse les graines
de coriandre si ce
n'est déjà fait. On fait revenir le tout quelques
instants à feu vif dans 20 gr
de beurre. On y ajoute les barbes puis le Champagne. Et hop, on fait
bouillir
le tout. On laisse cuire à feu modéré
jusqu'à presque complète évaporation.
Il
doit rester environ 6 cuillères à soupe de
liquide dans votre récipient. On
filtre, on réserve.
On maintient au chaud
les coquilles dans le four à th. 150° pendant le
restant
de la préparation. On peut y mettre aussi les petits
croissants feuilletés.
Au moment de
servir et c'est là qu'il faut être
organisé :
On remet la sauce sabayon filtré au feu avec la
crème fraîche, un peu de sel,
un peu de poivre et on fait réduire de 1/3. On laisse
à feu très doux.
On se tourne vers les Saint-Jacques qu'on va faire cuire à
l'unilatérale. Au
passage, merci Patrick.
Ca veut dire qu'on met les coquilles Saint-Jacques
côté ovale dans une poêle
froide avec un minimum de graisse. On met un feu
modéré et quand les coquilles
ont une belle couleur sur une de leur face, on les retourne, on les
sale, on
les poivre puis on ferme le feu. La cuisson doit se prolonger ainsi
quelques
instants.
On glisse les Saint-Jacques ainsi cuites dans le four ultra
tiède et on finit
le sabayon.
Vraiment au dernier
moment si vous voulez obtenir la mousse, on
mélange
vivement au batteur les jaunes d'oeufs et 3 cuillères
à soupe d'eau froide
jusqu'à ce que le mélange devienne
très mousseux et on verse le tout dans la
casserole frémissante. Attention, ça va monter.
Très vite, on verse sur les Saint-Jacques,
on décore d'un croissant feuilleté et on sert.
Mes photos ne sont pas
très jolies mais un truc comme ça, ça
se mange très
vite, ça ne doit pas refroidir. Alors excusez moi, mais pour
une fois, le plat
passe avant le blog.
NB : Pour la petite histoire, Dom Pérignon est mort aussi la même année que Louis XIV. En somme, ils eurent le même règne.
Par Eglantine, Lundi 11 Déc 2006 à 12:49 GMT+2 dans Cuisine de fête (article, RSS)

















