Mon père, ce bricolo...
Mon père était un génie du bricolage. Ses premières réalisations remontent bien avant ma
naissance. Pendant la guerre,
caché dans
la forêt parce qu'il avait fuit le STO (service du travail
obligatoire) il avait fabriqué l'alambic qui lui avait
permis de
survivre en faisant de la gnole infâme que ses camarades
résistants revendaient aux allemands. Ensuite, faute de
moyens,
à partir d'une pièce de monnaie, il avait
fabriqué
une bague qu'il offrit à ma mère pour lui prouver
son
amour. Et toute sa vie, ce fut ainsi. Il
récupérait des
moteurs (machine à laver, voiture....) pour leur donner une
deuxième vie. Au fil des ans, autour de la maison,
s'accumulèrent des machines extraordinaires qui servaient
soit
à labourer le jardin, soit à transporter de la
paille,
soit à scier du bois....![]() |
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Il fabriquait tout ce dont il
avait besoin : des rateaux, des
échelles, des tuteurs de tomate, des échasses
mais aussi
l'agrandisseur photo, la table de ping-pong. Il y
eut des
réalisations prestigieuses, notamment une scierie qui
servira
à faire des planchers, des lambris, des poutres, des meubles
et autres objets
en bois... Pour les petits enfants, il y eut le cheval de
bois,
le petit train...Il fabriquait mais il transformait aussi et rien ne pouvait l'arrêter. Son appareil photo à
plaque fut
transformé en appareil photo à film, sa voiture
électrique
devint une voiture à
essence. Eh oui, la
voiture électrique n'est pas du tout une invention moderne.
Elle
existe depuis déjà quelques années.
C'est pas
tendance cette transformation, mais la cohabitation de deux
grosses batteries avec 4 mouflets, c'était pas possible, les
batteries trop grosses prenaient toute la place. Bien entendu, la
voiture avait été avalisée par les
mines. Et puis, Il y eut aussi la voiture
à essence transformée en voiture à
gasoil, mais
ça c'est une histoire que je vous réserve pour
plus
tard...........Grâce à lui, nous pouvons nous vanter d'être une des premiers foyers ouvriers qui ait accédé au confort moderne parmi notre entourage. Lorsque Hoover lança sa première machine à laver en France, il étudia le modèle que possédait une de ses connaissances et avec une bande de copains recopia à l'identique la machine. Une dizaine de foyers purent ainsi profiter de cet équipement. Il y avait au dessus deux énormes rouleaux qu'on tournait à l'aide d'une manivelle et dans lequel on coincait le linge pour l'essorage. Je n'ai malheureusement pas de photos de cette machine et ça semble difficile à trouver.

Mais le plus extraordinaire, ce fut sans conteste notre premier chauffage central. Un jour au fond du salon surgit une énorme fusée qui semblait vouloir décoller. Ca ne ressemblait à rien de connu jusque là si ce n'est les fusées envoyées dans l'espace. Cétait l'époque d'Apollo, peut-être s'en est il inspiré. Cette fusée, était cerclée d'un horrible grillage qui servait juste à donner de la distance avec le corps pour qu'on ne se brûle pas. Ca marchait au fuel. C'était surmonté d'une grosse cheminée qui pointait vers le haut dans la chambre de l'étage supérieure. On avait troué le plafond pour faire monter ce tuyau. Et ce tuyau envoyait de l'air pulsé. Ce tuyau m'a longtemps intrigué car pour moi un tuyau, ca envoie de la fumée ! Le débit n'était pas suffisant alors il avait utilisé un moteur de mécano (jouet d'enfant de l'époque) pour en augmenter l'efficacité. Ca ne chauffait que deux pièces, mais ça marchait plutôt bien. Le verre d'eau du soir ne se transformait plus en glace... Evidemment, tout ça, ça fonctionnait avec le bois de la forêt voisine.

Le génie créatif de ma mère excellait plutôt dans la cuisine et le jardin. Avec très peu de matière, elle savait faire beaucoup, elle était reine dans la fabrication de bonbons, petits gateaux, crèmes et autres douceurs à quatre sous mais excellentes, mais aussi dans l'art de la cochonaille (dont je n'ai absolument pas hérité) et de la confiture. Dans le jardin, y'avait absolument tout ce qui pouvait nous permettre de survivre une année entière : pommes de terre, poireaux, petit-pois, tomates, rhubarbe, groseilles, cassis, haricots de toutes sortes, salade, radis, persil, cornichons, oignons, ail..., la viande était élevée dans notre cour, les oeufs ramassés sur la paille et le reste on allait le chercher chez le voisin (lait, beurre et crème), dans le verger (poires, pommes, cerises douces et aigres, mirabelles, reine-claude, quetsches, noix) ou dans les bois (noisettes, champignons, mures, framboises, fraises....)
Alors, après ça, étonnez vous que pour faire de la cuisine, je bricole. Ce n'est rien à côté de ce que j'ai vu. Et puis, un jour j'ai récupéré ca. Allez, à votre avis qu'est ce que c'est...

Bon, c'est trop facile, je vous l'accorde. Je vous en dirais plus dans mon prochain post !
Mais en attendant, je vous invite à lire le petit épilogue qui suit :

Cet article a été commenté 18 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas
Catherine dit | Femme parfaite! Bricoleuse, jardineuse, cuisineuse!!! |
hélène dit | C'est marrant, j'ai récupéré une bonbomme en osier comme sur ta photo, enlever l'osier et rajouter du lierre. C'est vraiment beau. |
mamina dit | tel père, telle fille... moi aussi j'avais un père très ingénieux. J'ai hérité aussi... |
MIECHAMBO dit | Je viens de passer un joli moment en déouvrant ton blog et en lisant cet hommage à ton père bricoleur de génie. |
Lilo dit | Ce billet est très touchant. Ton père devait être quelqu'un de formidable... Je suis épatée par la quantité de choses qu'il a pu bricolé. On sent que c'était pour lui une passion, mais aussi une façon d'embellir la vie de son foyer. Il est des héros inconnus, et je suis sûre que ton coeur, tu le vois comme cela. |
Sandra dit | J'ai le même chez moi qu'on m'a offert, on m'a dit que c'était un moule à découper les caramels. |
Gracianne dit | Ton pere serait certainement tres fier de lire cet hommage que tu lui fais. C'est vrai qu'on oublie, dans notre monde consumeriste, que certaines choses peuvent etre reparees, voire fabriquees soi-meme. Chez nous on bricole toujours aussi, en partie pour le plaisir. |
Colette dit | Comme mon Papa ,avec un rien il bricolait ,il tricotait aussi les habits de mon baigneur .Ton billet est très émouvant. |
alhya dit | je me suis régalée en te lisant.. que de merveilleux souvenirs et si bien décrits que j'ai cru un unstant que j'avais eu aussi la chance d'avoir un "Géo trouve tout à la maison", inventif, bricoleur et un peu farfelu souvent ,comme tous les gens qui savent rêver! merci! |
Anne (P&P) dit | Quel billet émouvant ! |
Choupette dit | Pour découper les pâtes de fruit ou les caramels? |
Patrick CdM dit | Le bricolage, ce n'est pas pour moi, j'ai deux mains gauches. Pour cet objet, je pense à un outil de confiseur, où alors, à un truc à faire le fromage. |
brigitte dit | issue de ces deux êtres merveilleux tu ne peux qu'être géniale !! |
MarieT dit | Pour les frites, c'est un peu gros, pour les glaçons manque le bac... |
Hélène (Cannes) dit | C'est la première fois que je passe par ici. Quel joli site, et quel beau billet ! Tu en as, de la chance, d'avoir eu un père comme ça! |
lory dit | C'est super avoir un papa bricolo, joli blog!! |
pocah dit | Ton blog me fait penser aux bons romans francais de mon enfance et adolescence... Pagnol, Hugo... un vrai plaisir de te lire :o) |
Bergamote dit | Ah, je crois que j'ai trouvé la réponse à ma question : c'est ton père qui l'avait fabriqué, ce moule ? |






















